17/01/25

Cher Ami,

Suite.

Marie Skłodowska polonaise née à Varsovie en 1867, fait ses études de physique à la faculté de Paris. Elle épouse en 1895 Pierre Curie : ils travaillent ensemble et reçoivent en 1903 le Nobel de Physique ; associée à la demande de Pierre, Marie Curie est la première femme à recevoir le Nobel. Pierre décède en 1908. En France, elle est la première directrice d’un laboratoire universitaire et professeure à la Sorbonne ; elle collabore avec Albert Einstein et d’autres scientifiques internationaux . En 1911 elle obtient le Prix Nobel de Chimie ; elle est la seule femme à avoir reçu deux Nobel. Elle abandonne ses travaux entre 1914 et 1918 pour aider au front ; en 1920 elle découvre les vertus thérapeutiques du radium contre le cancer. Républicaine progressiste, dreyfusarde, laïque, elle est discriminée et défend les femmes des milieux scientifiques et académiques. Elle décède à 66 ans des conséquences de son exposition aux éléments radioactifs. 

Simone de Beauvoir naît en 1908 à Paris, en 29 elle y passe son agrégation en philosophie, reçue 2ème derrière J-P Sartre. Professeure de lycée, elle entretient des relations amoureuses avec certaines de ses élèves ; elle est suspendue, 2 fois puis révoquée. Ses premiers romans ne sont pas publiés. A la libération avec R AronM Leiris, M. Merleau-Ponty, J-P Sartre, elle crée la revue existentialiste « Les temps modernes ». Athée et communiste elle voyage, rencontre Castro, Mao, le Che, R Wright… Scandale et consécration arrivent avec « Le deuxième sexe », l’autre d’une société patriarchale. Devenue référence pour Womens’Lib et la lutte contre les stéréotypes dominateurs, en 1954 elle obtient le prix Goncourt pour « Les Mandarins » : roman autobiographique, la marque de sa production littéraire. En 1960 elle s’engage politiquement, pour « le droit à l’insoumission » pendant la guerre d’Algérie et la cause des femmes pour l’IVG. ; la polémique accompagne la femme amoureuse de quelques femmes et hommes, et l’écrivaine. Elle décède en 1986, à 2 pas du cimetière du Montparnasse ; elle y est enterrée aux côtés de JP Sartre, « son amour nécessaire ».

A suivre…

10/01/25

Cher Ami,

Les représentantes du genre féminin se regroupent pour se faire entendre ; rien de nouveau. D’autres, en franc-tireur, privilégient l’action isolée, la guérilla ou l’escarmouche. Certaines, singulières, marquent de leur sceau l’histoire.

La première de toute, reconnue comme telle par les scientifiques, la bien-nommée Ève Mitochondriale est le premier être humain, anonyme, contrariant les monothéistes.

Laissant de côté reines et princesses que le destin a mis en position d’influencer, je salue toutes celles à la naissance modeste dont la détermination et le sens de l’opportunité ont su déjouer le patriarcat de leur époque.

Au 15ème siècle l’humble égérie Jeanne d’Arc, brulée vive à 19 ans, est devenue en trois ans de vie publique un pivot historique et une légende.

Marie de Gournay, en 1583 à l’âge de 18 ans reconnaît en Montaigne (50 ans) et son « Que sais-je ? » le premier penseur français ; l’épouse de celui-ci lui confie l’édition posthume des « Essais » : elle en deviendra la promotrice.

Au 17ème siècle Ninon de Lenclos subvertit l’ordre masculin : la courtisane, athée et épicurienne, impose réciprocité et respect à la noblesse libertine de son aristocrate salon, que fréquentent les meilleurs esprits et les hommes de pouvoir.

Dans la même veine, au 18ème, Marie Gouze connue comme Olympe de Gouges, femme de lettres et de théâtre sur fond de vie libre, se manifeste contre l’esclavage et pour l’égalité des femmes et de hommes et contre la peine de mort de Louis XVI : seule la guillotine aura raison de sa véhémence.

Au 19ème siècle Louise Michel enseignante, poétesse et écrivaine amie de Victor Hugo et de Clemenceau, blanquiste et révolutionnaire de la commune, revendique le droit des femmes à porter les armes. Elle est déportée en Nouvelle Calédonie ; sa peine commuée, à son retour 10 000 Parisiens l’accueillent. Anarchiste de réputation internationale, elle impose le symbolique “drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions”. Contre la peine de mort, elle est blessée à la suite d’un attentat et vivra ses 17 dernières années une balle logée dans la boite crânienne.   

A suivre…

  

20/12/24

Cher Ami,

Le Père Noël, aux couleurs Coca Cola, est à la porte de toutes les enseignes ; sa jovialité cache mal le déclin de la société de consommation nécessaire à sa survie ; paradoxe !

Trois économies, Chine, Union Européenne et U.S.A, ont un poids relatif comparable : elles pèsent ensemble les deux tiers de l’économie mondiale. La première est la plus dynamique et la plus fragile, la deuxième est la plus importante et la plus désordonnée, la troisième voit son leadership en perte de vitesse mais garde des avantages historiques. 

L’un d’eux est sa puissance militaire ; les États-Unis ont investi en armement depuis des années, trois fois les montants de la Chine et dix fois ceux de la Russie ; l’UE se situe à 30% des USA, avec l’Ukraine et l’UK à 40%. Le truand népotiste au discours fachiste, condamné par la justice mais démocratiquement élu par nos cousins d’Outre-Atlantique, va utiliser ce levier de chantage violent et totalitaire.

Si le cuistre laissera l’image lamentable d’un cowboy malotru, symbole de la décadence d’un pays aux valeurs trop mercantiles et peu humanistes, j’appelle de mes vœux son succès en 2025 : paradoxalement, la menace de la supériorité brutale sans commisération du garçon vacher peut aider à mettre un terme aux crimes à grande échelle et aux guerres en cours ; en Israël et en Palestine, au Liban et en Syrie mais aussi en Ukraine. Sceptique et optimiste, j’aime à croire que d’un mal peut advenir un bien !

La nature humaine est un paradoxal mélange de pulsion de vie et de mort : à l’image de la démarche chaotique de l’humanité, deux pas en avant et un en arrière. Que l’histoire de l’humanité ait commencé il y a 300 mille ou a cinq mille cinq cents ans, il est indéniable qu’elle a progressé : progrès très autocentré, au point d’être dominant et le principal problème de la planète, qui nous survivra. Un paradoxe supplémentaire dont la recherche de solution est le défi actuel. 

A long terme, la nouvelle donne politique, les contraintes environnementales et démographiques sous l’influence méconnue de l’intelligence artificielle, complexifient l’évolution générale des équilibres planétaires. A suivre…

Bonnes fêtes de fin d’année !