21/08/26

Zidane

Cher Ami,

Zinédine Zidane n’est pas infaillible : figure emblématique du football français il revendique une intégration sans perte d’identité, opposé à l’identitarisme de tous les extrêmes.

Son père Smaïl musulman pratiquant de Kabylie, terre berbère millénaire résistante à moult invasions, arrive à Marseille en 1953 pour travailler dans le bâtiment ; en 1962 avec l’indépendance de l’Algérie il pense rentrer chez lui, mais rencontre sa femme Malika, marseillaise d’origine algérienne : Zizou (1972) est le benjamin de cinq enfants.

En 1989 à ses débuts de footballeurs professionnels à l’AS Cannes, il rencontre sa future épouse Véronique Fernandez d’origine andalouse, comme lui des quartiers nord de Marseille ; ils vivent ensemble dans un studio. En 1994 Zinédine est aux Girondins de Bordeaux, ils se marient : ils ont 4 garçons qui suivent la carrière professionnelle de leur père. Vie privée et fortune ne sont que très peu commentées.                          

Sa posture, marquée de réserve et de mesure, se retrouve dans un style où la détermination ne s’expose, ni se gausse. Le joueur des débuts, doué mais pas imposant, s’entraine plus que les autres : ses qualités techniques deviennent exceptionnelles ; il travaille avec ses camarades et devient un incontournable meneur de jeu. Sa carrière d’entraineur suit la même logique : sans se pousser du col il sait ce qu’il veut, compose avec sa personnalité, ses idées, son éthique. Il n’est le porte-drapeau d’aucune faction, refoule les frontières et les ostracismes.

Musulman non pratiquant, il revendique sa double nationalité algérienne et française, défend les deux cultures et son appartenance dupliquée. Ses fils jouent pour la France, l’Algérie et l’Espagne.

On se moque de son vocabulaire limité et de son accent marseillais, mais il parle 4 langues. Admiré jusque par ses pairs, il parraine des œuvres caritatives diverses et est l’Ambassadeur d’un programme de l’ONU.

Ses sponsors français et étrangers, savent combien son identité faite de métissage, addition naturelle sans renoncement ni fatalisme, est d’un humanisme vivant.  

zidane #humanisme      

14/08/26

Universalisme.

Cher Ami,

L‘universalisme est marqué par le XVIIIe de la révolution française et l’impérialisme des nations de l’Ouest européen.

L’idée retient le principe d’égalité en droit des hommes sans distinction de race ni de croyance et est à l’origine de l’humanisme, opposé à toute forme de racisme et de discrimination : principe qui constitue la pierre angulaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

L’universalisme du XIXe et XXe est pollué par l’assurance de l’Occident de détenir une vérité dont il s’octroie le mérite et l’application à la planète, pour mieux déployer sa domination. Mais si le concept a une origine, les valeurs qui l’orientent n’appartiennent à aucune culture. Devenu philosophie politique, il reconnaît une nature humaine unique et la pluralité des modes de vivre, de penser et de s’exprimer.

L’occidentalocentrisme originel est impérialiste ; il est visible dans les tentatives de manipulation de l’ONU par Donald Trump, par exemple. Cet universalisme vertical est à remplacer par un universel horizontal qui définira règles et fonctionnements à l’aune des innombrables civilisations de la planète. Pas d’alternative à cette tâche interminable.

Le chaos actuel, politique, militaire, économique et climatique ainsi que l’ambiance délétère des relations internationales montrent combien une entente entre toutes les nations est nécessaire : construire un monde meilleur où l’humanité survivra.                  

Le choix des mots de la matière écrite aiderait à l’ouverture à la diversité, contre la brutalité du langage parlé dominant qui se limite à communiquer sans recul, sans échange. La littérature offre le nuancier singulier des points de vue ancrés dans l’expérience, la reconnaissance réciproque de la différence, évite le choc des civilisations. Le biculturalisme de nombreux individus en est une preuve vivante.

L’universalisme désirable pour le bien-être général sera toujours l’objet de débat face au paradoxe du relativisme de de l’individu humain et de son évolution : comme pour la démocratie ou l’ONU, la simplicité est impossible, le passage en force une insanité.

#universalisme

https://www.facebook.com/reel/1606874734215011

22/05/26

Rêve.

Cher Ami,

L’aspiration à la justice sociale, jamais atteinte ou à l’équilibre précaire, est un phénomène de société récurrent.

Comme la démocratie, le Marché semble un moindre mal, capable d’intégrer institutions de contrôle et affections humaines. Dans nos systèmes imparfaits, sciences et arts, renouvellent paradigmes et symboliques, questionnent l’organisation politique, participent à une perception de désordre, et à la croissance des nostalgiques de l’ordre ancien.

Par ailleurs, on assiste à une exaspération des formes d’identitarisme et d’individualisme, qui divisent, dispersent les forces de progrès, dépourvues de narrative de rassemblement pour réunir l’insatisfaction générale dispersée : les minorités demandent la reconnaissance de leur différence et les classes défavorisées, la majorité, affichent des revendications pragmatiques sectorisées. Tous veulent des réponses à leur besoin de mieux vivre, légitime devant le nombre croissant de millionnaires et milliardaires.   

L’équation est loin d’être résolue ; la société génère de puissantes aberrations : les guerres (Trump, Netanyahu, Poutine) coûtent vies et moyens financiers ; le libéralisme privilégie le court terme et tourne le dos à la planète ; le pourcentage de population sous le seuil de pauvreté ne cède pas depuis 2017 quand les plus riches investissent dans l’IA ; l’alimentation industrialisée nocive continue à dominer de sa communication mensongère… Faisant la part belle aux  réponses simplistes et grossières des populistes de tous bords.      

De premiers soubresauts viennent surprendre gauches frileuses et révoltées, et droites conservatrices et rétrogrades : certains grands patrons de la tech anticipent l’évolution de la société ; l’IA va entraîner chômage massif et révolte populaire. Ils proposent la taxation du grand capital pour financer l’assurance d’un revenu minimum (en sus d’une semaine de 32h et de 4 jours de travail), favorisant travail artisanal et loisir. Cet horizon, « la mise au service d’une société d’abondance où chacun pourrait s’épanouir » ressemble à un rêve ; le chemin à parcourir est chaotique. 

#ia #justicesociale