29/05/26

Idées en vrac.

Cher Ami,

Le concept de démocratie apparaît il y a 25 siècles. Une idée simple : le pouvoir appartient au peuple dans son sens ample aujourd’hui ; il implique état de droit, égalité juridique de ses membres et liberté politique. Ses dérives sont oligarchie, ploutocratie, théocratie, autocratie, et autres aristocraties.

La ploutocratie menace les démocraties d’Occident, Trump et sa clique : enrichissement et volonté de dominer la vie politique, économique, technologique et sociale sont affichés. D’autres variantes flirtent avec l’idée d’élitisme, de nationalisme aux perspectives brunes.

Je crois à la démocratie radicale, dans son sens original, loin des apparentés. Aujourd’hui, un État démocratique a le devoir de contrôler l’initiative privée, l’ultralibéralisme hégémonique : la capitalisation des GAFAM dépasse l’ensemble de celle des bourses européennes ; le grand capital s’installe sans scrupule à la direction des médias ; l’IA, après les églises, l’’État monarchique, le socialisme autoritaire veut nous éviter de réfléchir avec des solutions prêtes-à-porter ; le principe du libéralisme, « liberté, égalité, tolérance et justice » est réservé à quelques-uns ; l’accès libre aux marchandises est un leurre, mieux une forme d’oppression horizontale.

Au-delà du quotidien, l’homme aspire, peu ou prou, consciemment ou pas, à un dépassement de soi, à croire en un modèle : la lutte pour une démocratie sans cesse menacée, étendue à l’ensemble des nations dans une confédération est un éternel objectif à défendre.

Les histoires personnelles et l’Histoire humaine, après l’affrontement, passent par le compromis sans machiavélisme. Avec les Lumières, Kant etc. il faut appréhender la réalité et, sans paternalisme ni idées préconçues, entendre l‘autre, négocier.

La légitimité politique viendra d’une légitimité morale où contre la tentation de l’instinct de mort qui exclue, apparaîtra un instinct de vie inclusif. Les cosmopolites, UE et Nations Unies (Autorités démocratiques supranationales) sont un premier pas vers l’universalisme : valeur suprême où le bien commun prévaut sur les valeurs particulières sans les effacer.

22/05/26

Rêve.

Cher Ami,

L’aspiration à la justice sociale, jamais atteinte ou à l’équilibre précaire, est un phénomène de société récurrent.

Comme la démocratie, le Marché semble un moindre mal, capable d’intégrer institutions de contrôle et affections humaines. Dans nos systèmes imparfaits, sciences et arts, renouvellent paradigmes et symboliques, questionnent l’organisation politique, participent à une perception de désordre, et à la croissance des nostalgiques de l’ordre ancien.

Par ailleurs, on assiste à une exaspération des formes d’identitarisme et d’individualisme, qui divisent, dispersent les forces de progrès, dépourvues de narrative de rassemblement pour réunir l’insatisfaction générale dispersée : les minorités demandent la reconnaissance de leur différence et les classes défavorisées, la majorité, affichent des revendications pragmatiques sectorisées. Tous veulent des réponses à leur besoin de mieux vivre, légitime devant le nombre croissant de millionnaires et milliardaires.   

L’équation est loin d’être résolue ; la société génère de puissantes aberrations : les guerres (Trump, Netanyahu, Poutine) coûtent vies et moyens financiers ; le libéralisme privilégie le court terme et tourne le dos à la planète ; le pourcentage de population sous le seuil de pauvreté ne cède pas depuis 2017 quand les plus riches investissent dans l’IA ; l’alimentation industrialisée nocive continue à dominer de sa communication mensongère… Faisant la part belle aux  réponses simplistes et grossières des populistes de tous bords.      

De premiers soubresauts viennent surprendre gauches frileuses et révoltées, et droites conservatrices et rétrogrades : certains grands patrons de la tech anticipent l’évolution de la société ; l’IA va entraîner chômage massif et révolte populaire. Ils proposent la taxation du grand capital pour financer l’assurance d’un revenu minimum (en sus d’une semaine de 32h et de 4 jours de travail), favorisant travail artisanal et loisir. Cet horizon, « la mise au service d’une société d’abondance où chacun pourrait s’épanouir » ressemble à un rêve ; le chemin à parcourir est chaotique. 

#ia #justicesociale

15/05/26

« Opera buffa. »

Cher Ami,

Les qualificatifs du président de la première puissance économique et militaire de la planète se multiplient. Ils varient entre bête et méchant, fou et dangereux, clownesque et grossier, incompétent et impulsif… Pour ceux qui ne le soutiennent pas et qui vont croissant.

À ses propres yeux champion planétaire des dirigeants, la caricature de chef d’État ne reconnaît aucune autorité ; mais le flambant nouveau riche affiche une fascination pour les dorures et la liturgie de la royauté anglaise. Au vu du roi Charles III, il se lâche, hystérique devant le Mickey de ses rêves, multiplie les gaffes et les embardées protocolaires : au-dessus de tout, il se fout de mettre les pieds dans le plat.

Le face à face de son altesse et du cuistre relève de la bouffonnerie. Le contraste entre le subtil gentleman qui, face aux situations les plus inattendues, ne perd jamais l’entregent de son rang, met en relief la goujaterie de son partenaire de scène. Mieux encore, les complaisances de l’histrion sont réhaussées par la gentille arrogance d’une royauté tout en apparence. Charles III n’est qu’une figure symbolique vide d’autorité : chef d’État sans pouvoir, il a le mérite de faire croire à une noble différence. Il est le garant du fonctionnement d’une constitution qui l’a déshydraté. Le souverain obéit à un protocole que l’État aime voir appliquer à la lettre à tous les moments de son existence ; il est sollicité dans la vie politique du Royaume-Uni pour la recouvrir de son respectable manteau royal : mystification. Le monarque ne peut même changer l’usage des biens qui lui appartiennent, ni modifier le budget qui lui est alloué. Il est l’otage du parlement qui décide et du ministère des Finances qui gère.

La plus grande gueule des chefs d’État actuels s’incline lamentablement devant un fantoche politique. Profitant des flatteries du goujat criminel, Charles III a délivré à l’occasion d’un discours diplomatique affûté, une leçon de démocratie, de politique internationale et d’environnement, et octroyé un coup de brosse à reluire à la « House of Windsor ». Bien joué !      

#bouffon #trump