03/13/26

Cher Ami,

Le temps n’y fait rien. Passé et présent ne laissent pas d’espoir ; après des millénaires des progrès matériels ont été enregistrés et l’espérance de vie avance, mais le matériel de guerre est tout-puissant et la vie sur terre est menacée.

La confrontation du bien et du mal, essence du vivant, symboliquement éros et thanatos, dans les diverses versions de la morale est racontée associée au respect des traditions. L’Histoire de l’homme et de ses institutions confirment que cet antagonisme est de tous temps, sans embelli.

Pas de désespoir non plus, une action bienfaisante peut avoir des conséquences négatives, l’inverse aussi :  la rivalité durera tant que notre planète la supportera. L’option politique unique, si elle était possible, d’un des deux clivages traditionnels précipiterait l’avenir : les forces politiques dites de progrès, baignées d’idéalisme et de théories, remettraient en question l’équilibre précaire acquis par des siècles de tâtonnements ; quant aux forces dites conservatrices dominantes aujourd’hui, nous témoignons de la violence fascisante dont on peine à voir l’issue de la spirale destructrice. La morale nous oblige à la recherche d’un impossible équilibre, et donc à tous moments d’être contre le mainstream.

L’individu lui fait un choix irrationnel, intuitif justifié de connaissances limitées : partagé, il tend vers un mode de penser et de vivre qui le fonde, ou lui convient à court terme. Les plus positifs croient à l’innovation, incertaine mais promettant en thèse un progrès ; les plus frileux préfèrent le discours populiste du passé heureux, des coutumes. Quelques-uns balancent d’un camp à l’autre.

L’arbitrage des deux courants, et de leurs nombreuses sensibilités et théories justificatrices d’absolus, est difficile : l’équilibre est en perpétuel devenir.

Les valeurs humanistes défendues par nombre religions et philosophies sont érigées mais, travesties, n’aboutissent pas : des millénaires d’expériences nous permettent, au mieux, de faire du surplace.

Optimiste de la première heure, je n’ai pas choisi : l’expérience tempère mon éros natal de scepticisme.         

#populisme

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30/05/25

Cher Ami,

En France, l’Assemblée Nationale et le Sénat vont légiférer sur les termes qui encadreront les soins palliatifs ou d’accompagnement, et l’aide à mourir : le droit de disposer de son corps, en être humain responsable à part entière jusqu’aux ultimes conséquences.

La loi veut transcrire une vision « humaniste » : le proche bouleversé devant la tragédie d’un être cher sait qu’émotion et inconscient nous retirent la clairvoyance nécessaire. Les professionnels de santé parviennent mieux à circonscrire le cadre psycho-émotionnel du patient isolé dans sa souffrance.

Les élus légifèrent pour répondre à une demande de la société ; la loi n’anticipe pas, ce n’est pas son rôle, mais elle devrait envisager les conséquences ou les risques de dérive. La logique de la société ultralibérale croissante, dénuée de compassion dans les mains des puissances d’argent et leurs institutions privées, pollue l’écoute du sujet en détresse.

En Italie, premier pays à avoir clos les asiles psychiatriques et exclu l’enfermement, réforme du nom du psychiatre Franco Basaglia, voit la privatisation des services de santé retenir le patient en otage : aux mains d’un « administrateur », il est guidé pour d’excellentes raisons dans les méandres d’une institution dont les solutions multiples, sur mesure, accompagnent son évolution. Là, l’initiative privée qui dégage des bénéfices, absorbe déjà 50% des fonds publics destinés à la santé psychiatrique : quelle prise en compte réelle de la souffrance humaine ?

Au Canada, la loi à l’aide à mourir a été votée en 2021. Une étude récente fait apparaître, qu’au Québec, 25% de la population est favorable à ce que soit inclus dans les demandes recevables d’aide à mourir, des critères sociaux : aux yeux d’un quart des citoyens, d’un pays classé 3ème à L’Indice de Développement Humain de l’ONU, il serait souhaitable que pour des raisons socio-économiques, une personne qui désire se suicider, soit assistée médicalement. Dit autrement, l’état pourrait désister de l’aide économique aux plus démunis, et y substituer une aide à mourir. Imaginons ce souhait généralisé dans les mains d’un tribun populiste ?

20/12/24

Cher Ami,

Le Père Noël, aux couleurs Coca Cola, est à la porte de toutes les enseignes ; sa jovialité cache mal le déclin de la société de consommation nécessaire à sa survie ; paradoxe !

Trois économies, Chine, Union Européenne et U.S.A, ont un poids relatif comparable : elles pèsent ensemble les deux tiers de l’économie mondiale. La première est la plus dynamique et la plus fragile, la deuxième est la plus importante et la plus désordonnée, la troisième voit son leadership en perte de vitesse mais garde des avantages historiques. 

L’un d’eux est sa puissance militaire ; les États-Unis ont investi en armement depuis des années, trois fois les montants de la Chine et dix fois ceux de la Russie ; l’UE se situe à 30% des USA, avec l’Ukraine et l’UK à 40%. Le truand népotiste au discours fachiste, condamné par la justice mais démocratiquement élu par nos cousins d’Outre-Atlantique, va utiliser ce levier de chantage violent et totalitaire.

Si le cuistre laissera l’image lamentable d’un cowboy malotru, symbole de la décadence d’un pays aux valeurs trop mercantiles et peu humanistes, j’appelle de mes vœux son succès en 2025 : paradoxalement, la menace de la supériorité brutale sans commisération du garçon vacher peut aider à mettre un terme aux crimes à grande échelle et aux guerres en cours ; en Israël et en Palestine, au Liban et en Syrie mais aussi en Ukraine. Sceptique et optimiste, j’aime à croire que d’un mal peut advenir un bien !

La nature humaine est un paradoxal mélange de pulsion de vie et de mort : à l’image de la démarche chaotique de l’humanité, deux pas en avant et un en arrière. Que l’histoire de l’humanité ait commencé il y a 300 mille ou a cinq mille cinq cents ans, il est indéniable qu’elle a progressé : progrès très autocentré, au point d’être dominant et le principal problème de la planète, qui nous survivra. Un paradoxe supplémentaire dont la recherche de solution est le défi actuel. 

A long terme, la nouvelle donne politique, les contraintes environnementales et démographiques sous l’influence méconnue de l’intelligence artificielle, complexifient l’évolution générale des équilibres planétaires. A suivre…

Bonnes fêtes de fin d’année !