Infini singulier.

Sur la planète du « New village », une minorité de milliards de congénères (La majorité reste sous silence) est assujettie à une surinformation, gabegie et manipulation, real or fake. Facebook, Twitter, Instagram, TikTok etc. en rajoutent une couche : une réalité virtuelle s’impose aux privilégiés de l’humanité : sans contrôle !

Sans pouvoir y échapper, un autre cycle de vie – une certaine baisse d’énergie – provoque chez moi un recentrage ; le temps du tout accessible passé, je me rassemble sur l’essentiel de vivre bien, un lent marathon d’un plus de temps possible : lâcher prise, synonyme de renoncement et réserve.

A la dispersion sans limite du monde, je préfère la poursuite d’un particulier intérieur, de l’immédiat chancelant du présent. Un profond désir de vivre m’anime, avec la conscience de sa finitude et de l’oiseuse intromission d’un extrinséque : laisser tomber le culturel infiltré au sein de mon univers, source d’exigences et de malentendus, pour mieux appréhender les replis du savoir quotidien.

Je flotte dans un nouvel absurde : les mots perdent de leur sens, se détachent. Isolé dans ma presqu’île, le choix de quelque chose d’élémentaire apparaît, à petite échelle, sans urgence ni prétention. Pas un arrêt sur image, une caméra lente, un champ réduit : mieux apprécier l’instant, dans toute l’extension de mes sens et la capacité de mon intellect.

Du désir de prendre mes distances avec l’incontournable soumission au monde obsolète, nait le choix du risque d’une pseudo autonomie, celle de l’original désordre de ma folie particulière. Recherche d’un plus-de-vivre sous la banale influence des inévitables concepts fourre-tout : les vertus cardinales et la liberté dans leur sens commun, sans sécurité illusoire, face à l’impasse de la vie et à un univers d’ordre et de bouleversement conjugués

Une quête précaire de mon infini singulier commence. Je guette fébrile la transfiguration du sentiment en pensée, la fulgurance du passage du présent au passé, la naissance du souvenir et de la nostalgie, les flous du paysage circulaire des réminiscences.  

Non Monsieur le Président !

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Emmanuel Macron opportuniste chasse tous les conservateurs avec des propos antirépublicains, et flirte avec les extrêmes populistes. Une erreur m’irrite entre tant d’autres.

« Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder… C’est ça, la stratégie »,

Le jargon poissard gagne la présidence, et les susnommés de passer dans l’opposition.

Pour que les Français s’identifient à la Nation Française, à l’état qui oblige, il faut que son garant se conduise, s’exprime correctement. Dans son essence, son attitude a quelque chose de singulier, voire de rare : il doit (r)animer l’esprit civique, procurer l’approbation de la raison d’état, limite de la liberté du quidam, et éviter la contestation (facile) de la forme.

Quand le Président E. M. dit à 10% des citoyens qu’il les emmerde, il leurs donne le droit de lui tourner le dos et de lui répondre sur le même diapason ; le débat qui suivra se vautrera dans la fange. Le langage ordurier précipitera une escalade de violences. Nommer cela une stratégie, est plus qu’une faille grossière !

Je conteste l’usage de la vulgarité au Président. Qu’E. M. dans sa demeure se bâfre de « Merde », je le respecte : son domaine privé lui appartient. Mais quand le premier personnage de l’état s’exprime dans un débat public comme un malotru, il sape la nécessaire dignité de sa fonction – la constitution le fait chef d’état -, qui pour ne pas passer pour un pur exercice d’autorité, a besoin de hauteur, d’une forme de vertu. Pour se rapprocher des Français, la Présidence peut utiliser des mots simples, un ton familier. L’Histoire ne manque pas d’exemple.

Le vicomte Pierre de Cambronne, à qui on attribue le premier lâché des cinq lettres, répondait à l’ennemi anglais au milieu d’une bataille napoléonienne qu’il perdait, après avoir vu mourir la quasi-totalité de ses hommes.  

La prétention d’un Président (qui peut en cacher un autre !) de rassembler une majorité impose un programme visionnaire.

Mon franc désaveu ne livrera pas mon vote à MLP, pas plus qu’au premier tour il n’a été à JLM. De trois maux, le moindre.                      

Jefferson Machado Pinto 24/05/1948 – 02/04/2022

Je ne connais Jefinho que depuis 36 ans…

Au début notre rapprochement tient à une réciprocité : il aime que j’aime sa terre maternelle, et vice versa, j’aime qu’il aime la mienne. Un élan redoublé d’intensité de ma part, par la nécessité d’appréhender l’immensité du Brésil, où j’arrive pour y vivre.

Dans notre histoire d’amitié, les explications raisonnables n’ont pas de sens. Nos faiblesses et nos failles, que nous nous confessons, sont l’objet de plaisanteries, de commentaires de bistro, au pas alerte de nos balades.

Les méandres de nos vies conjugales sont retournés comme un gant : pour nous, à la classification de mâle hétérosexuel traditionnel (Dinosaures nés au milieu du siècle passé), la confrontation avec le sexe opposé est une surprise permanente : une merveille, parfois, et un coup de pied dans …au foi, aussi. Pour nous sans alternative !

Attentifs et préoccupés de nos enfants livrés au monde – chacun à la poursuite de sa route – nous commentons la frustration de nos vacillements à transmettre, de notre mince expérience, quelque chose que nous aimerions… Paternalisme archaïque 

Les amis s’éloignent, les projets s’évanouissent… Le temps nous manque !

Les points de vue autorisés de l’actualité se multiplient, et nous offrent la complexité de la lecture d’un caléidoscope : un monde nouveau aux nombreux motifs de préoccupation, dans lequel nous cherchons la lumière d’espoir d’une bougie… Incurables optimistes !

L’informalité de nos rencontres cachent un amour fraternel simple et chaleureux : nous partageons le même regard, au sourire vert, sur la vie. Une plaisanterie – leitmotiv de nos conversations -, la résume : « la vie est une merde, mais elle est belle ! »     

Pour conclure, aujourd’hui, à mes yeux la caractéristique, qualité humaine majeure, de Jefinho, discrète comme lui, – Passée de mode, d’autant plus rare ! –, est la dignité de l’homme.  Rien de superbe, mais celle nommée par Albert Camus : « …la seule dignité de l’homme : la révolte tenace contre sa condition, la persévérance dans un effort tenu pour stérile. »

Merci Jefinho.