« Opera buffa. »
Cher Ami,

Les qualificatifs du président de la première puissance économique et militaire de la planète se multiplient. Ils varient entre bête et méchant, fou et dangereux, clownesque et grossier, incompétent et impulsif… Pour ceux qui ne le soutiennent pas et qui vont croissant.
À ses propres yeux champion planétaire des dirigeants, la caricature de chef d’État ne reconnaît aucune autorité ; mais le flambant nouveau riche affiche une fascination pour les dorures et la liturgie de la royauté anglaise. Au vu du roi Charles III, il se lâche, hystérique devant le Mickey de ses rêves, multiplie les gaffes et les embardées protocolaires : au-dessus de tout, il se fout de mettre les pieds dans le plat.
Le face à face de son altesse et du cuistre relève de la bouffonnerie. Le contraste entre le subtil gentleman qui, face aux situations les plus inattendues, ne perd jamais l’entregent de son rang, met en relief la goujaterie de son partenaire de scène. Mieux encore, les complaisances de l’histrion sont réhaussées par la gentille arrogance d’une royauté tout en apparence. Charles III n’est qu’une figure symbolique vide d’autorité : chef d’État sans pouvoir, il a le mérite de faire croire à une noble différence. Il est le garant du fonctionnement d’une constitution qui l’a déshydraté. Le souverain obéit à un protocole que l’État aime voir appliquer à la lettre à tous les moments de son existence ; il est sollicité dans la vie politique du Royaume-Uni pour la recouvrir de son respectable manteau royal : mystification. Le monarque ne peut même changer l’usage des biens qui lui appartiennent, ni modifier le budget qui lui est alloué. Il est l’otage du parlement qui décide et du ministère des Finances qui gère.
La plus grande gueule des chefs d’État actuels s’incline lamentablement devant un fantoche politique. Profitant des flatteries du goujat criminel, Charles III a délivré à l’occasion d’un discours diplomatique affûté, une leçon de démocratie, de politique internationale et d’environnement, et octroyé un coup de brosse à reluire à la « House of Windsor ». Bien joué !
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