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La concentration urbaine augmente. Paradoxalement la quantité de personnes isolées aussi ; isolement physique empreint d’incompréhension, de solitude. La complexité du quotidien restreint les moments d’oisiveté et multiplie les sources d’anxiété ; désorienté le sujet subit, et, ballotté, s’assujettit à toujours plus d’assistance et de garanties…
La vie citadine transforme notre relation à la Nature : fondamentalement familière, elle devient distante. Faute de la côtoyer, la vision en devient idéalisée ; le même regard « coucher de soleil » embrasse la réalité champêtre : coup d’œil superficiel, plaqué de réminiscences esthétiques. On oublie la féroce pulsion de la vie au ras des pâquerettes : la survie au naturel est une vie aux aguets contre une adversité multiple.
Les Hommes de la campagne chassent l’animal sauvage pour le consommer ; les animaux domestiques aident aux tâches et aux labeurs de l’exploitation, et sont aussi source d’alimentation : équilibre hiérarchique respectueux, intéressé. Aujourd’hui à une extrémité de notre société de consommation le bétail est devenu un produit commercial sans considération, sinon celui de l’argent. À l’autre extrémité, l’animal de compagnie élu est le substitut de proximité humaine : il est choyé comme un intime, un VIP, un être supérieur à la majorité des êtres humains que nous ignorons ; aux USA le marché des Pet’s est des dizaines de fois supérieur au budget de nombreux états. La variété des nouveaux intimes est aussi large que les incongruités humaines. Leurs places rivalisent avec celle des parents des amis, et sont admis dans le lit, la baignoire, les bras : dorlotés comme des enfants, ils ont leur régime, leur médecin, leur psy…
Les mauvais traitements du bétail qu’on mène à l’abattoir sont dénoncés… Asservi, l’animal de compagnie paraît un miroir dans lequel le propriétaire projette sa compassion, celle de toutes ses souffrances réelles et fantasmatiques. Après avoir assisté aux animaux de Disney qui savent si bien interpréter les émotions humaines, on leur prête tous nos sentiments ; écran surréel des Pet’s : auto-commisération ?!
Je donne ma langue au chat