Cher Ami,

Détournement, la langue française à la musicalité modale, réserve à la lettre « q » de l’alphabet un énoncé associé à la voyelle « u » ; élevé à la majuscule elle résonne comme une provocation : fantasme ! L’exception laisse penser qu’un gaulois badina, inconsciemment, au sein de l’alphabet : la prononciation du mot cul, du plus beau au plus faux, se fait avec l’élision du « l », finalisant la parité avec la lettre « q » et l’éminent « Q » capital.
De surcroît le « Q » majuscule a un graphisme canaille ; dans l’alphabet très organisé des lettres majeures il pose désaligné, laissant apparaitre à sa base un appendice, lanceur d’égarement. A l’unijambiste « q » minuscule sied le masculin ; le court arrondi et le membre unique du bas de casse induit une forme virile. Alors que la capitale «Q », loin de la virago, avec sa surpondération arrondie et sa gracieuse signature en virgule, affiche une féminité étourdissante. L’amateur de féminin voit son imagination frivole s’envoler avec la symbolique lettrée dans un court-métrage profane.
La superposition de l’esthétique de sa majesté le « Q » décorée d’une cédille décentrée et de la sonorité pimentée des trois lettres associées, pousse à la fusion imaginaire : objectivation surnaturelle.
Seule lettre cupide de notre alphabet, cet éloquent raccourci au graphisme et à la sonorité libidinale mérite l’exception. La majorité des autres lettres est trop saillante ; le « O » est à la fois parfait et banal ; les dodus « B, D, P » et « R » font sourire, quant au « C » et au « G » on les croit mal finis. Seul le « S » du serpent mériterait un arrêt sur image !
Je rêve de porter ma divagation aux portes de l’Académie, raviver le vert du vieil habit. Je propose d’inclure une exception, le français est coutumier du fait : le « q » minuscule continuerait masculin, alors que, la « Q » majuscule en reconnaissance de sa connotation féminine stimulerait l’équivoque. L’équivalence des genres, entre minuscule et majuscule, copierait la nature. Notre époque est ouverte au changement de genre, et tolère le désordre dans le trouble de la sexualité. La « Q » partagée sous la coupole inscrirait dans l’histoire une symbolique évolution du langage.