14/11/25

Cher Ami,

Dans Le Monde, le philosophe Baptiste Morizot et le juriste Laurent Neyret dénoncent l’existence d’une béance entre le droit, le passé, et les évolutions techno-économiques, l’actualité. Après le procès de Nuremberg (1946), le droit international a inscrit la « Dignité » en valeur cardinale supérieure, pour permettre d’engager des poursuites contre les crimes de guerre etc. Ils suggèrent contre les agressions de l’environnement qui heurtent « le sens moral de l’humanité », qu’une législation internationale constitue un référent légal pour les crimes contre la planète et les humains. L’état de Droit à l’échelle internationale établirait autour du concept « D’habitabilité » une nouvelle valeur cardinale.   

Cette démarche nécessaire met en évidence combien nos décideurs et la société sont atteints de cécité. L’être parlant a fait de sa vie une narrative qui occupe son cerveau. Nous sommes construits autour du logos et de son discours codifié : logique de fond et structure formelle organisent nos pensées, et biaisent notre appréhension de la vie : nous ne savons plus nous en démettre. Le résultat est abracadabrantesque : le « Je pense donc je suis », détaché de la réalité de la planète matrice, assure la vision disconnexe d’une humanité sur le chemin de la dystopie.

Des peuples sont en contact avec l’environnement originel : les peuples indigènes ; un exemple au Brésil, Davi Kopenawa raconte, dans « La chute du ciel », la relation des Yanomami avec la forêt amazonienne : un système de pensée approximatif et global, qui peut nous sembler le fruit de l’imagination, mais est aussi de milliers d’années d’expérience. Loin de la logique occidentale de l’appréhension cartésienne, ce sont des histoires faites d’ombres et de mystères qui leur permettent de vivre en syntonie avec leur habitat.   

Des siècles de culture privilégiant le cérébrale et la rationalisation, négligeant intuition et sensibilité, ont entraîné l’occident dans un auto centrisme autoritaire ; les personnages et les situations sont ubuesques. La vie sur terre nous échappe, sa beauté sans explication a commencé à se flétrir. 

#dystopie

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