06/03/26

Cher Ami,

Coup de gueule. Ma routine m’insatisfait, j’envie les joueurs de rugby et leur championnat porteur de liesse. Je résiste à la noirceur ambiante en optimiste instinctif : vivre malgré la violence et le mépris de la vie humaine au premier plan de l’actualité ; à l’horizon pas de renversement, seules les puissances obscènes ; en marge du chaos, des signes scintillent.

Je me suis construit avec des dogmatismes à la dualité interrogatrice : le savoir et l’esprit destructeur, la justice et le désordre, le courage et la lâcheté, le bien et le mal. Avec Nietzsche, « Au-delà du bien et du mal » et ses 296 aphorismes à l’élan poétique, j’ai monté la montagne. Je l’ai descendue à me creuser entre l’instinct et la pulsion de la psychanalyse. Aujourd’hui le bien et le mal ont intégré le champ de la biologie : la morale est une composante du vivant. Les dignitaires actuels sont assis dessus, pour promouvoir la loi du plus fort et le seul critère de l’argent.     

Une peur viscérale me révolte à l’idée qu’un tyran puisse atteindre mon intégrité, comme il atteint au quotidien des milliers d’innocents. Cette peur se transforme en rage contre l’imbécillité de ceux de mes contemporains qui l’approuvent ; elle vient de mon amour de la vie, désir physique venu de mon bas-ventre, qui noue mes tripes, ébranle mon cœur, me suffoque, m’étrangle, assèche ma bouche, offusque ma vue, confond mon esprit.

La liste des discriminations violentes s’allonge avec le cours de l’Histoire. La vie est un terrain de lutte où les plus faibles sont écrasés. La république est à réinventer contre les post-vérités établies par les puissants, normalité abjecte où l’humain a une couleur et une valeur monétaire, où la violence est une raison suffisante pour plus de violence ; les conflits servent les plus forts, dans une logique à déconstruire pour que survive l’humanisme.

Les USA craignent la décadence de leur blanchité : les conflits actuels en repoussent l’échéance.

La planète est pleine de mensonges : les corps des injusticiés le savent.

L’éros de l’amour, du désir, de la vie qui déborde est à restaurer.  

#éros #savoir #morale