25/09/26

Optimisme

Cher Ami,

Mon optimisme sans mémoire tient à ma naissance à la fin de la Seconde Guerre mondiale : la première du printemps, je suis accueilli par trois générations émues.

Je défends ce pli ; l’optimisme du verre à moitié plein contre le pessimisme de celui à moitié vide intègre les marronniers : le premier, cher à mon naturel, est le meilleur. Sans jouer à « Lou Ravi » ou attendre que le vent tourne, l’affrontement des adversités qui ne cessent est une posture éclairée. Du microscopique à l’intergalactique, les scientifiques montrent une confrontation infinie de forces opposées. La réalité humaine n’échappe pas à cette loi universelle ; des évolutions lentes, une fin dernière assurée et un délai incertain sont les conditions du défi collectif d’un mieux vivre : résister, différer l’échec, renouer avec le plaisir de la victoire passagère contre le temps de l’adversité.

 
Le choix d’un des deux versants est d’abord individuel : le retour à l’ancien et bon temps est impossible, le contexte a changé et les replis rétrogrades ont déjà montré la violence de leurs échecs : passé sans « Belle Époque ». Le futur génère angoisse et désir de changement, compréhensibles ; le discours facile des vieilles recettes y répond en miroir aux alouettes. Le pas en avant consiste à prendre le pari d’inventer notre avenir.

L’optimiste parie contre la loi du plus fort, sur un possible humanisme horizontal sacralisant la vie de la nature, la nôtre et celle des plus démunis.

Le succès matériel de certains aveuglés sert de clé de voûte à un système libéro-capitaliste en fin de course ; Donald T, sa figure de proue, en montre l’ineptie.

Le progressisme historique et son utopisme réaliste se sont évanouis avec le XXIe siècle. Le discours réactionnaire tient le haut du pavé ; céder à son discours pessimiste est une erreur crasse. L’optimisme est nécessaire pour résister et réagir ; la lumière est ténue et vacillante, mais elle existe.

 #optimisme #utopisme