Ballotage.

L’ascension de l’extrême droite dans les démocraties de l’Amérique du Sud se poursuit.
Au Brésil, au 2e tour des élections à la présidence de la République deux candidats : d’un côté, le social-démocrate Lula da Silva, 80 ans, réélu pour la 3ème fois en 2022 à la présidence ; sans majorité au Congrès, il a perdu de son crédit dans d’inévitables négociations politiques et des décisions erratiques. De l’autre, Flavio Bolsonaro, 45 ans, sénateur, fils de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro, condamné en 2025 à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État en 2022 après son échec à la réélection face à Lula. Flavio est élu sénateur à l’élection de son père en 2019 : articulateur séducteur.
À la surprise générale, Flavio devance Lula de 2% au premier tour ; on attendait l’inverse. Comme son père, il défend les intérêts économiques du capital : libéralisme « trumpiste », classisme, discrimination ; contre la pauvreté, la méritocratie, la loi du plus fort ; les institutions sont des entraves à la liberté d’entreprendre, de penser, de s’exprimer.
Le deuxième tour prend une courbe dramatique : Flavio, après le premier tour, a déjà à sa botte le Sénat où son parti et ses alliés détiennent 63% des sénateurs, majorité qualifiée pour modifier la Constitution, et 56% des députés de la chambre basse pour toutes les manœuvres du quotidien ; président il détiendrait l’exécutif et, pendant son mandat, il nommerait 4 des 11 ministres de la Cour suprême (STF), où ses alliés passeront de 2 à 6. Un pouvoir quasi absolu.
L’élection de Lula pourrait freiner la vague brune au Sénat et à la Chambre des députés dans un exercice de négociation permanent dont il a l’habitude : un frein aussi à son action au gouvernement, mais qui éviterait la prise de pouvoir du STF par l’extrême droite et un Congrès acquis au totalitarisme.
Le quatrième mandat de l’ancien syndicaliste serait aussi peu reluisant que le troisième, mais serait, pour la jeune démocratie du Brésil (1988), un moindre mal face à l’institutionnalisation démocratique d’un régime d’extrême droite de la famille Bolsonaro.
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