Sans oublier les violences sexuelles à la souffrance profonde, je regarde par la fenêtre le jardin tropical du sexe et sa faune luxuriante, luxurieuse… Une sente courante conduit le jeune à la rencontre de l’adulte ; j’ai lu « renoncer, acquiescer, reculer, céder, consentir, plier, livrer, donner, se soumettre, succomber, s’abaisser… »
La complexité des ressentis bouscule, impulsionne et répulsionne, heurte et refoule, construit ; le vocabulaire de l’histoire individuel a du mal à rendre les dérapages, les accélérations, les allers et retours d’un chemin autrement trouble : goût profane et image intruse, odeur pervertie et stridence corrompue, atteinte fatidique. Les sentiments glissent incertains : recherche – embarras, surprise – découverte, dégout – plaisir, aiguillon – peur, douleur – acquiescement, soumission – agrément, étrangeté – divertissement, jouissance – envol, volupté – naufrage, paix – manque, insatisfaction – quête.
Le choix – En est-il un !?-, d’accéder à une vie sexuelle partagée, entraine sur une pente savonnée : quête irraisonnée, existentielle, question de survie vrillée aux tripes. Un désir indéfini concentré à l’entrejambe s’étend fiévreusement à l’être mal parlant ; dans un cri étouffé s’engage la fouille du partenaire.
L’adulte averti a tôt fait de remarquer l’agitation à fleur de peau. Un sourire pour une conversation isolée, proposition surprise pas inespérée. Intérêt masqué, l’écoute de l’ainé courtois marque une approche, sournoise. Assoiffé d’apprentissage inconnu, le jeune pressent l’intérêt ambigu, embarque. De regards en réparties, les sensibilités s’alignent, s’aiguise la curiosité. Étrange instigation, le maître débonnaire et le disciple inquiet se reconnaissent. La main se pose, un sentiment paradoxal sourd : rassurance et envahissement. L’abandon de la pose installe le doute ; première absence : question suspendue ! L’imparité de la conversation revêtue de paterne/materne distance, brûle de suspicion. L’ascendant de l’expérimenté insinue, puis confirme une perspective… On prend garde de cacher l’effusion ; « Tu m’appelles, quand tu veux. ». La porte entre-ouverte donne le vertige et l’apprentissage se poursuit, ou pas.
L’adulte a l’initiative, sans écart, sans refus, il avance sûr de son désir. Le jeune méconnait le jeu, l’inconnu l’attire, reflet brillant au fond de sa solitude.
Le cycle vital se poursuit au gré des hasards, des jeux, des malentendus…Expérience constructive et/ou traumatique, peut-il en être autrement !?
Le jeune individu, et son histoire en partie écrite depuis des années, indicible, est poussé d’un désir frustre, sur un chemin bordé d’ombres et d’ornières, de jouissance et de frustration : destin incertain.