Les abus insupportables et répréhensibles dénoncés, l’approche du territoire de l’acte sexuel est délicate.

N’étant pas une action quelconque, la langue l’aborde en multipliant les signifiants : consommer, pudibond religieux ; sauter ou travailler au corps, sportif ; faire (me le/la faire !) simplificateur ; baiser, métonymique ; copuler, scientifique ; farcir, glouton ; faire un enfant, objectif ; foutre, fourre-tout etc. Expressions imagées illimitées sans citer l’argot foisonnant ! Faire l’amour, synonyme courant souvent utilisé avec réserve interroge : la locution paradoxale faire un sentiment – Sans cesse évoqué et dont on ne cerne ni les variantes ni la complexité ! -, laisse entrevoir embarras et désordre.
L’acte sexuel occupe tôt l’imagination de l’être humain ; sa mise en œuvre est précédée d’exercices solitaires désordonnés… Au jour J, à l’heure H, la première expérience par excellence (et les suivantes à souhaiter !) est violence et consentement. Une mystérieuse violence pousse à cet acte non-sens, source d’un plaisir inouï, joie physiologique à la brutalité suspecte, ineffable. Traumatisante ? C’est pas dit. Une tolérance court indivis, un penchant, un goût du risque pour le saut dans l’inconnu réjouissant et absurde : le sujet consent à un réel sans nom, au choc ! Est-ce raisonnable ? Les prémices laissent espérer le meilleur et le pire.
Le partenariat désiré, recherché, autorisé, introduit une contingence, le choix – Qui n’en est pas un : l’étendu de l’éventail nous amène au pari à l’intuition chargée d’histoire ! -, d’un autre. L’adolescent (Le post-adolescent ;-)) désorienté est empêtré dans les mailles de ses sens altérés croisés de celles d’un autre in-appréhensible, étranger aux intentions troubles. La confrontation, parfois fusionnelle, est souvent barbare objet d’un questionnement sans fin : faire l’amour s’écrit mal ; décrié, il ne se décrit pas.
Après de nombreuses années et quelques expériences je continue à me questionner, à consentir à être fauché par la petite mort, réel innommable, vie et mort conjuguées, jouissance au carré. L’expérience vicie.