« Le petit Prince »,

à la « Grande Librairie », a fait partie de l’actualité littéraire : traduit en 270 langues et dialectes, il fêtait ses 80 ans.

C’est quelques mois avant son dernier vol qu’Antoine de Saint-Exupéry publie cette œuvre étonnante. L’écrivain-pilote a été un homme souvent amoureux, et les livres sur sa vie adulte sont foison. Si « Le Petit Prince » n‘a pas d’âge, il sublime l’enfance de l’écrivain pilote, aussi, qui commence par l’histoire amoureuse primordiale, sa mère.

Peu de choses nous sont parvenues de cette vie strictement privée. J’ai rencontré, le neveu ainé, filleul unique d’Antoine, François d’Agay (Il avait 18 ans à la date de la disparition de son oncle) : il m’a livré ses souvenirs et réminiscences, et ceux que sa mère et ses sœurs racontaient à son sujet.

Aidé d’autres sources, j’ai écrit un récit d’ombres et de lumières, de rires et de tristesse de la jeunesse d’Antoine, de la genèse de Saint-Exupéry. François d’Agay à qui j’ai envoyé un exemplaire m’a répondu :

   Bonjour….

J’ai bien reçu votre livre et je l’ai lu Il est rare qu’un écrivain intéressé par la vie d’Antoine de Saint Exupery  s’arrête à son enfance laquelle n’est pas toujours pour eux d’un intérêt suffisant. Il est vrai qu’Antoine est devenu lui mème  le jour ou il s’envole avec son premier courrier postal aérien de Toulouse vers Saint Louis du Sénégal…

Vous avez choisi l’Enfance, c’était, à mon avis, le choix le moins facile parce que le moins visible. La vie d’Antoine enfant à Saint Maurice reste un peu mystérieuse elle nous  a été comté personnellement par Marie sa mère, par ses sœurs Simone qui dans son livre Cinq enfants dans un parc nous livre une partie de la vie des enfants Saint Exupery ou Gabrielle ma mère qui évoquait pour nous ce paradis de leur enfance.  Et bien vous avez réussi votre premier livre je lui souhaite beaucoup de succès. Je vous remercie  d’avoir choisi Antoine de Saint Exupéry mon oncle et parrain.

Amicalement.

François d’Agay.

Pour compléter la compréhension de l’auteur et du jeune Personnage, dans la collection « Naissance d’une vocation » aux éditions Riveneuve « Antoine de Saint-Exupéry » ou sur mon blog paulmarane.fr  

« La chute du ciel »

A l’heure où le ciel pourrait nous tomber sur la tête, Davi Kapenawa, chaman et porte-parole Yanomami, a écrit avec Bruce Albert, anthropologue Français, un voyage déroutant.

Le postscriptum facilite l’abordage du livre par une explication de contexte. Le travail des deux partenaires tient à un biais truculent, un truchement ; en miroir conscient, ils choisissent de rapprocher dans une mutuelle compréhension leurs deux univers. « Rédacteur discret » Bruce A. étudie dès 1975 la société et la culture Yanomami et depuis plus de 30 ans empathise avec le chaman. L’amitié donne naissance à un deux auteurs en un ; autre paradoxe assumé, écrire une tradition orale. 20 ans de rédaction disent la scrupulosité de l’ethnologue passant de scribe à co-auteur et la détermination du chaman. L’anthropologie de la culture indigène est éclairée d’amitié : éclot la narrative de « L’ami qui n’est pas un autre moi, mais une autre altérité immanente dans le moi, un devenir autre de soi » Giorgio Agamben.

Le résultat est la bible d’un seul prophète Yanomami, qui plus qu’une religion entrouvre un univers très ancien respectueux de l’environnement. La mosaïque contée va au-delà du témoignage pour exprimer au nom d’une nation ignorée, les circonvolutions de la tradition chamanique. L’anthropologue brésilien Eduardo Viveiros de Castro considère « La chute du ciel » une contribution aussi importante que « Tristes tropiques » de Claude Lévi-Strauss : « il relance –le projet ouvert de CLV – en une vertigineuse spirale (spirale logarithmique et non d’Archimède) qui déplace, inverse et rénove le discours de l’anthropologie sur les peuples amérindiens… ». Le livre affiche la confrontation des deux mondes aux dramatiques conséquences pour les Yanomami, raconte le coût des voyages de Davi K. de part le monde pour faire entendre la voix de son peuple, le défendre de la désolation de notre brutalité inepte et superbe.

Unique, ce livre est à lire à petite prise comme la poudre de « yakoana hi », pour apprécier l’ivresse de la sagesse métaphysique et poétique d’un peuple en voie de sournoise extermination face à notre matérialisme sinistre.

La Russie de 2023

Est gouvernée par un autocrate depuis un quart de siècle. La verticalité du pouvoir est due à la paranoïa de l’ancien patron du KGB, transmise à l’appareil gouvernemental et au peuple Russe. Narrative simple : l’occident (USA en tête !) aux mains sales veut la fin de la Russie. La confrontation est une lutte à mort : la centralisation du pouvoir est légitimée, les investissements dans une économie de guerre justifiés ; la restriction des libertés, la suspicion généralisée et l’exclusivité de l’information de source gouvernementale sont expliqués. La victoire est impossible, la guerre sans fin, Poutine aussi.

La guerre contre l’Ukraine n’est qu’une marche de l’escalade. Le citoyen Russe habitué à l’impérialisme historique, humilié, adopte le discours de son président : l’information permanente alimente la paranoïa collective. Poutine en 2021, « dans la vie il n’y a pas de bonheur. Le monde est un endroit mauvais … où le seul moyen de survivre, c’est de lutter sans cesse, de se battre, et s’il faut, de tuer », génère un désespoir morbide !      

Ce sentiment de victime de l’Occident trouve la compréhension de nombreux pays « non développés » dans les instances internationales. Les conquêtes successives sont entérinées sans raison de s’arrêter : la logique de la guerre et la volonté de reconstituer l’empire Russe sont en route… Si l’Occident (influencé par le grand capital qui souvent ne voit pas d’avantage à la guerre !) consent à la négociation, au partage des territoires conquis en Ukraine, un nouveau front apparaitra quelque part à la frontière Russe (21000 Km).

Rien ne laisse entrevoir un changement d’attitude de Poutine ; la paranoïa s’alimente de défaite, et s’il gagne ce n’est que le début d’une ample victoire…. Après Poutine, Poutine / Mdvedev ! L’impasse affligeante actuelle révélera -t-elle le peuple Russe à lui-même, pour réinventer l’espoir !?

La couronne Britannique sauve les apparences de son ancien Empire : le Commonwealth (58 états, 1/3 de la population mondiale) satisfait les nostalgiques (qui le préfèrent à l’UE) et les intérêts commerciaux de ses membres.