22/11/24,

Cher Ami,

Samedi (Sabbat) 7 octobre 2023 à 6H30 du matin, 3 mille terroristes du Hamas et d’autres islamistes entrent en territoire israélien après le tir de milliers de roquette ; l’action, de longue date planifiée, prend de surprise Tsahal. Ils font 250 otages et près de 1200 morts dont 800 civils souvent massacrés (violés, décapités, énucléés, démembrés, émasculés, calcinés). Actes et cruauté sont revendiqués sur les réseaux sociaux par leurs auteurs. A 10 h du matin, les unités d’élite d’Israël sont à l’initiative. Cette journée est la plus meurtrière dès la fondation d’Iraël en 1949.

On comprend l’état de rage et le désir de revanche de l’état hébreux ; le premier ministre Benjamin Netanyahu déclare le pays en guerre à 10H34. Justifiée par la barbarie de l’agression, elle va prendre un caractère qui dépasse la logique d’une réponse armée ou d’une recherche de solution : c’est une vengeance qui, à son tour, ne respecte aucune convention internationale. Pour tenter d’en prendre la mesure : ces dix dernières années jusqu’en octobre 2023 on déplore 3924 morts palestiniens et 232 israéliens ; depuis le 7/10/23 on compte 44 mille morts, 103 mille blesssés et 1,9 million des 2,3 Gazaouïs déplacés à Gaza – 780 morts en cisjordanie et 3360 morts au Sud Liban, en Syrie et au Yémen – et du côté israélien 1815 morts, 3572 blessés et 200 mille déplacés. Civils, femmes et enfants sont la grande majorité.

Des voix du monde entier demandent un cessez le feu et une solution négociée, parmi elles celles de Juifs d’Israël et du monde entier. Rien n’y fait, Maquiavel et le double langage sont de mise ; B. N. refuse sous tous les prétextes de s’asseoir à la table de négociation, opère dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et au Liban, pour éradiquer (Est-ce possible!?) le Hamas et leurs alliés sans la moindre commisération pour les souffrances d’une population  sous le joug de l’extrémisme Islamique ; et l’occident, pour garder bonne conscience, joint sa voix au partisan d’une paix négociée mais continue de livrer armes et munitions à l’armée israélienne.

L’arrivée de Donald Trump ne va pas tempérer le “jusqu’au boutisme” de Benjamin Netanyahu.

15/11/24,

Cher Ami,

Force est de constater que la violence vulgaire du discours fasciste (« Reconnaître le fascisme » de Umberto Eco) a conquis une majorité in the USA : une chape brune commence à les recouvrir et menace le reste de la planète.

Les USA sont une république fédérative au fonctionnement démocratique ; un populiste autoritaire s’installe à sa tête , la première puissance économique et militaire. Un sujet, à la truculence et la grossièreté exceptionnelles, renverse les lois/habitudes de fonctionnement de ses institutions : passage en force et chantage. « Hussard » du XXIème siècle, il a conquis la majeure partie de la population et de ses représentants : DT va diriger en despote ploutocrate au népotisme affiché.

Si les crises s’enchainent en cascade, économique et sociétale, écologique et planétaire, après-demain démographique, la crise politique d’outre atlantique, fait chavirer le témoin contemporain : aucun mouvement, aucun Homme Politique n’a su offrir une alternative crédible, à l’opportuniste enfonceur de porte ouverte, à l’autocrate populiste !

Une réalité sociale préside à l’événement :  la classe moyenne, comme chez nous, n’a pas été entendue dans ses nécessités de base et dans sa sécurité, qui se dégradent. Là d’autres conditions ont aidé à ce que les mensonges du surhomme antisystème convainquent. Ici et là, les narratives officielles se sont discréditées aux yeux de la classe populaire : les républicains conservateurs travaillent ouvertement pour un Capitalisme sans frein, et les démocrates progressistes ont un discours élitiste-identitaire qui ne les inclut pas. Les laisser-pour-comptes sont des millions à affronter une paupérisation inéluctable, que les crises aggravent : alors que le système ne l’endigue, ils ne sont même pas entendus.

La société de consommation est arrivée au bout de sa logique, entrainant une crise sociétale ; les politiques ne savent y répondre. Les Européens ne sont pas plus clairvoyants que les autres : il est temps de retrousser les manches, pour trouver le chemin d’une vie possible et solidaire sur la planète : pourquoi pas fin de la gabegie, et sobriété ?  

08/11/24,

Cher Ami,


Statut difficile à tenir, que celui d’Homme Politique ! 3 me viennent en tête : Churchill, de Gaulle et Mandela. J’ajoute l’Ex-Président de l’Uruguay, Pepe Mujica.

Les qualités d’un Lieder National sont, la foi en une cause et un sens exacerbé de la responsabilité pour entrainer avec lui un peuple : histoire passion, amour. Ces deux qualités ne seraient suffisantes sans le sens de l’opportunité qui lui permet de conjuguer navigation à vue et clarté de l’horizon, allié à une fermeté ardente quand, seul, l’homme d’action décide face à l’éthique de son époque.

José Alberto Mujica Cordano est né en 1935 à Montevideo, sa mère est d’origine italienne et son père basque. Origines modestes, quand ce dernier décède, il a 7 ans et aide sa mère à cultiver et à vendre des fleurs. Il commence des études de droit, et en 1956 devient militant au Partido Nacional dont il sera Secrétaire Général de la Jeunesse. En 1958 il fonde un nouveau parti avec le ministre du travail de l’époque : l’Union Nacional qui inclut le Parti Socialiste. Dans les années 60 il intègre le «  Movimento de Libertação Nacional-Tupamaros » marxiste-léniniste. La répression du pouvoir exécutif attise la violence ; au cours d’affrontements armés, Pepe est blessé et jeté en prison, à 4 occasions ; il s’en évade deux fois. Sa dernière détention sous la dictature militaire dure 13 ans.

Gracié en 1985, il est député (1994) du Mouvement de Participation Populaire, puis sénateur (1999). En 2005 il est ministre de l’agriculture ; il est élu Président de la République porté par une « Frente Ampla » de gauche (2010-2015). Sous son mandat, la pauvreté passe de 40 à 11%, le salaire minimum augmente de 250%, l’avortement est dépénalisé, le mariage égalitaire est étendu aux couples homosexuels, le cannabis sous le contrôle de l’état est légalisé etc. De nombreux dirigeants progressistes le consultent, tel Barack Obama.

A 89 ans il vit modestement dans sa ferme où il cultive des fleurs ; Emir Kusturika l’y a filmé avec sa Coccinelle bleu.

Pepe est sans enfant (Un regret !), marié à Lucia Topolansky, ex-militante et Vice-Présidente (2017-2020), depuis 70 ans.