Dilection et Bricolage.

Pphoto de colline, ciel bleu

Dessine-moi ton genre de jouir, pourrait-dire mon analyste, je te dirais celui que tu es. À chacun sa fantaisie, je suis pleine lune et gros cigare.

Définitions : il y a un rapport bio-logique entre mâle et femelle ; le sexe est une réalité physiologique ; le genre est un sentiment d’identité sexuelle : une création sociale !?

L’imbroglio commence avec la sigle LGBTQ’s : lesbienne, gay et bi, avec l’hétéro 😉 s’identifient par le choix du partenaire sexuel. Les trans désirent changer de sexe, les queers refusent la binarité masculin féminin : d’un côté le choix limité, de l’autre l’infini de l’auto définition, émotion et fantasme. Détail, nuance, raffinement… Le mouvement de lutte contre la discrimination, met sous l’abréviation toutes les différences sexuelles (dans le rapport et le choix !), et la fluidité du genre ; je cours le risque d’être mal interprété par la communauté de la sigle, d’être voué aux gémonies du politically correct of american-way : interdit de caractériser de psychose, même ordinaire, un comportement, sous peine d’être mis au ban de la sacro-sainte alliance du GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) : capital bien-pensant, plus lourd que la majorité des pays de la planète, nouvelle inquisition, bienveillante du néolibéralisme.

Keep cool ! La divulgatrice du « genre* » J. Butler, n’est plus sûre du concept ; soumise aux règles du marché de la production intellectuelle ? Elle aura marqué l’histoire de la pensée occidentale. (Un sourire, en passant : et la transcription en sinogrammes !?) Dans la vie personnelle des penseurs on trouve la cause défendue : engagement et point aveugle assurés. L’activisme rhétorique autour de « gender » de Mme Butler, sa construction anhistorisque américaine héritée du self- making, a provoqué les maitres de la « pensée continentale » tintée d’anti-américanisme épidermique. Fin de série !

La difficulté singulière à vivre continue, entre brutal masculin binaire, ses 4 variantes, et le féminin infini. Je vis ma tendance cisgenre hétéro et j’écoute : une jouissance est trouer la règle, la dépasser, jusqu’à la sublimation. On jouit à déborder les limites de la société, de sa propre moraline mesquine : mode particulier, un tantinet masturbatoire.

Montaigne « Essais » : « Puisque les sens ne peuvent arrêter notre dispute, étant pleins eux-mêmes d’incertitude, il faut que ce soit la raison ; aucune raison ne s’établira sans une autre raison : nous voilà à reculons jusques à l’infini ».

*Le concept est de 1954 : Robert Stoller.

Contrebasse contre SNCF !

Gros plan main jouant une contrebasse.
Contrebasse, elPadawan. https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/

Je n’ai aucune habilité à jouer d’un instrument de musique. Magnétique, la contrebasse eût été mon choix, une alter ego : prise en main le port altier, la sensualité de ses proportions exagérées, le côtoiement de son partenariat, la liberté d’usage, le ton sourd de sa voix caverneuse, m’attirent comme un éternel féminin, maternel. Elle est l’incontournable des formations réduites de jazz : en compagnie de l’élégant Ron Carter elle est synonyme d’excellence et de plaisir.

Sollicité par des pétitions de tous types souvent justes, ces temps-ci pathétiques, je résiste mal au cri d’individu perdu dans la masse de ses confrères et consœurs à peine moins ébranlés. Pour ne pas importuner mes proches, par commodité, j’ai adopté une ligne de conduite : je signe rapidement, je participe rarement financièrement et jamais je ne fais suivre. La semaine dernière j’ai fait une exception ironique : j’ai ventilé sans limite une requête des joueurs de Contrebasse auprès de la SNCF : ils revendiquent le droit de voyager avec leurs instruments dans les trains de tous types. J’ai fait circuler, Mesdames et Messieurs contrebassistes, mon désaccord, pas sur le fond ! Je trouve le moment très mal choisi : quand la France, et la planète entière pleurent la perte évitable d’un proche, quand les conséquences douloureuses de la pandémie atteignent de plein fouet les plus démunis… L’heure est à dénoncer le manque de courage politique de nos dirigeants, passés et présents, leur renoncement aux valeurs humaines fondamentales que sont « L’Égalité et la Solidarité », pour sauvegarder l’immédiate primauté des intérêts de notre société mercantile et matérialiste.

Votre problème de taille n’est pas à l’ordre du jour ! Au nom du respect de la souffrance d’autrui, remettez votre énorme violon dans son étui ! Le choix du moment est ici affaire de décence, de respect humain.     

Covid 19 / 21

L’impasse

La vague devait durer trois semaines ou trois mois ! Elle a pris ses quartiers depuis plus d’un an sur notre planète. Vacciner 100 % des deux hémisphères, compter 18/24 mois de plus, sans variant imprévu ! Total trois ans dites-vous !? Peut-être. Ce premier tsunami viral, que certains continuent à nier, en annonce d’autres ; sans les lumières d’une boule de cristal ou la clairvoyance d’un grand esprit, les grippes variées de ces dernières années en ont été les signes précurseurs. Sans parachute ni bouée de sauvetage, le « Merde ! » des tréteaux nous accompagne sous le chapiteau du cirque d’hiver du XXIème siècle.

Un impondérable me confine dans ma chambre-bureau-salle de bain. Rien de dramatique – Il faut le croire ! -, un effort supplémentaire pour contrôler l’incontrôlable des contingences… Cuistot de la communauté familiale, j’ai gagné une activité thérapeutique et un droit de sortie. Le soir du fond, de ce qui semble parfois, une armoire, la cellule se réunit : vidéo conférence. La scène se répète : rapide lamentation sur la précarité de la situation (Rien n‘est sûr et les hôpitaux sont pleins.), on voudrait tourner la page : majeure partie de la live, la sortie en sifflet est consacrée à élaborer des plans futiles (incongrus !), achat d’un animal de compagnie, partage d’une envie de voyage, désir de changement…   

L’homme mal-conscient fuit le réel, trouve une valeur à son labeur, fait semblant de, joue à, se convainc de… La vie continuera plus belle demain ! Lueur d’espoir. Il y croit, il veut y croire. Avancer pour garder l’équilibre … Avec « Les Poètes Maudits » la vie se répète, l’impasse seule est plus étroite ; j’ai choisi mon mur sous l’aura de ma triple lune.