Cher Ami,

La tonitruante agression impérialiste du 02/01/2026 de l’Uncle Sam encore fumante et les fêtes de fin d’année passées, je retourne à mon isolement, marche accompagnée de rêves et réminiscences.
Les festivités pleines de bons sentiments se révèlent un jeu de société dans lequel chacun tient un rôle : à minima ne pas désenchanter la réunion et rentrer dans le jeu de l’heureux participant. À la première absence, on se fait tirer gentiment l’oreille, « on t’attend » ; si on insiste avec quelque explication banale pour éviter l’offense, celle-ci est qualifiée d’excuse inacceptable par la famille ou les amis. La répétition de la négation assujettit le contrevenant à des qualificatifs grinçants comme « antisociale », ou à des commentaires acides, « Tu vieillis », voire « Pisse-vinaigre ». En cas de récidive, la radicalisation est sournoise sans droit à la défense ni aux circonstances atténuantes ; l’exclusion du cercle pourrait être prononcée par contumace dans le silence des couloirs et les chuchotements des messes basses, momentanément voire définitivement si persistance. La relation individuelle, ou en petit comité, n’est labellisée que par une participation aux fêtes des tribus.
J’ai du mal avec cette intégration obligée ; l’étranger cultive la distance, froide tasse de thé vert. Mais le hasard fait parfois bien les choses : ma mémoire émotionnelle m’interpelle, m’induit à prendre le risque de vivre le privilège d’une découverte, séduction subite. Une affinité sans explication, un élan spontanément correspondu : l’éclat du regard d’un sourire mal retenu signalise d’emblée la rencontre avec un autre proche, qui se serait égaré dans le temps. Les heures passent, les incidents de la vie sociale viennent alimenter une interaction qui aurait pu passer pour un « à priori » favorable, révélant une syntonie baroque, un désalignement équilibré, une fausse symétrie naturelle. Ces prémices de relation amicale jalonnent l’illusion d’un futur joyeux, ravivent couleurs et saveurs, marque d’un nouveau tempo la musique douce-amère du quotidien.
Cette sensation de renouveau réjouit
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