Cher ami,

La lecture de Krenak, Munduruku et Kapenawa bouscule mon ethnocentrisme, m’oblige à ouvrir le vasistas d’une prise en compte ; écartant l’attitude idéaliste et révolutionnaire d’un alignement sur une civilisation aux antipodes de notre histoire, quelques idées en vrac.
Le futur de la vie humaine passe non seulement par plus de solidarité contre l’inégalité (Thomas Piketty) entre les hommes mais aussi par la prise en compte complexe de toutes les formes de vie à l’échelle de la planète : regarder autrement autour de soi. A petits pas déterminés, vers un horizon flou, il faut inventer une route, route assujettie aux intempéries et aux erreurs pour préserver l’environnement, en écoutant l’autre différemment, en intégrant la divergence tolérante du prosélytisme des indigènes, en sortant de sa zone de confort forçant l’adaptation, …
Nous consommons plus que la planète ne peut offrir à la population humaine, et 90 % d’elle aspire légitimement à de meilleures conditions de vie. Pour la survie de notre communauté, extensive à la vie en générale sur la terre, une moindre consommation est nécessaire, n’en déplaise au libéral capitalisme. Aujourd’hui la totalité de la consommation des occidentaux nécessite une énergie à la matrice d’origine majoritairement fossile et à des produits dérivés de la chimie de même origine : résister au jeu du consumérisme, à la mode, à nos habitudes culturelles du toujours plus, tient de l’honnêteté intellectuelle et morale.
La dialectique du maître et de l’esclave de Hegel, aménagée par les circonstances, pourrait s’écrire : L’esclave L’indigène étant celui qui transforme vit avec la Nature, accède à l’objet (vivant), à son côté actif. Le maître L’occidental ne travaille vit pas avec la Nature, il vit dans la jouissance de l’objet créé, transformé, consommable : il ne connaît que son aspect passif. L’indigène vit à intégrer l’univers, il adapte son autonomie au monde naturel dans une cohabitation vitale, quand l’occidental se rend étranger à la nature, à l’univers, à la vie. L’aliénation apparente de l’indigène à la nature est la source de sa libération.