Cher Ami,

Clin d’œil de Colombie (2). Mon court séjour me conduit à Medellín, qui est passée du pire au meilleur, de la violence extrême de l’ère Pablo Escobar (1980-90) à la cité reconnue mondialement pour son progrès technologique et social. Dans une vallée des Andes à 1 500m d’altitude le climat est printanier toute l’année, entre 17 et 28°C. Une ligne de métro nord/sud, reliée à la perpendiculaire de lignes de téléphériques et de bus, a fait de Medellín un synonyme d’innovation, rivale de Bogotà.
Le centre historique est occupé par la place Botero ; 23 sculptures de bronze devant le musée Antioquia : l’ancienne mairie de style art déco, à l’initiative de l’artiste, présente une collection d’art moderne, le dernier étage lui étant réservé.
Mais la principale attraction est un exemple d’intégration urbaine et sociale : « La Comuna 13 ». Le quartier à la marge de l’urbanisme traditionnel est une accumulation anarchique de maisons précaires de type « favela ». La communauté de la périphérie de Medellín de 160 000 habitants, après avoir enduré la confrontation armée de groupes rivaux du narcotrafic, a subi des opérations militaires et paramilitaires qui culminent en 2002 avec des centaines de morts parmi les résidants. 2003, le collectif, « los invasiones » Afro-descendants, Indigènes et populations d’origine rurale, sont les plus défavorisés de la zone urbaine ; le métro et deux lignes adjacentes de type téléphérique vont aider à la désenclaver : la communauté s’affirme et transforme ce lieu de résidence des marginaux de la cité, en une sorte de centre culturel contemporain à ciel ouvert. Aujourd’hui, la Comuna 13 est visitée comme les Champs-Élysées : un changement de paradigme, une inversion de valeur. Intégrée, elle est dotée d’escaliers roulants pour monter jusqu’à ses sommets : le parcours est illuminé comme une foire, bordé de graffitis et d’interprètes de rap héritiers du hip-hop reconnus à l’étranger, de boutiques de souvenirs, de spécialités alimentaires, de caricature de la Tour Eiffel et du Christ Rédempteur…Une fête contemporaine de l’expression artistique des marges : historique !
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