06/06/25

Cher Ami,

L’origine de la vie sur la terre continue, comme celui de la matière, l’objet de recherche et de spéculation dont on pourrait tirer les conséquences, si le court terme du populisme et des intérêts privés le permettait.

Il y a environ 3,5 à 4 milliards d’années, le premier élément « vivant », après avoir créé les conditions de sa survie, va se multiplier : une première sélection naturelle et des millions d’étincelles originelles de vie font place aux bactéries. Monocellulaires, elles évoluent et convivent avec d’autres formes de vie. La bactérie ne se reproduit pas dans le sens végétal ou animal du verbe, elle se duplique : la même cellule devient deux, puis quatre, huit et ainsi de suite à l’infini depuis la nuit des temps. Avec quelques accidents de parcours, La Bactérie originelle démultiplie son existence à la puissance d’un vertige numérique, immortelle, tant que notre planète durera.

L’évolution darwinienne a produit des modes plus complexes de reproduction : sexuée et autres asexuées. La Vie y a gagné en variété et sophistication mais a perdu sa caractéristique primordiale, l’immortalité. Suivant le seul critère de la longévité, la vie humaine est une forme dégénérée ; notre capacité à conceptualiser jusqu’à la conscience d’être, nous fait croire à une forme de supériorité, alors que notre forme de vie est abâtardie, heureusement ! Notre particularisme s’est fait au prix de notre espérance de survie, très courte comparée aux bactéries, virus, champignons, algues et autres parasites qui nous survivront ; nous ne savons même pas créer les conditions de notre survie.

Notre prétendu intelligence nous amène dans une impasse dont le mur du fond se rapproche en accéléré ; l’Homme disparaitra dans quelques centaines, au mieux milliers d’années, de la surface de la terre : la Vie monocellulaire continuera pour quelques milliards d’années. L’être humain, s’il veut vivre encore un peu, doit freiner son impact sur son environnement, reconsidérer la culture libéraliste et le consumérisme qui va de pair, pour que quelques prochaines générations aient encore l’usufruit de notre planète bleue.

planetebleue #