25/07/25

Cher Ami,

Le soleil s’est couché ; la porte est restée ouverte, la bourrasque du crépuscule m’enveloppe, me réfrigère. Le feu dans la cheminée me berce d’une douce torpeur…

Le feulement de la flambée accompagne l’encours de ma vie de couple ; vingt ans de vie biblique. Après le coup de foudre et le feu ardent d’une nouvelle vie à deux, puis la confrontation houleuse des différences et la recherche d’équilibre au fil de l’eau, comme une subtile complicité.

Le quotidien offre l’âpreté de la routine, la vie apporte son inédit contrariant, la réaction à l’adversité surprend. Face à l’éternel méconnu, le ressort maître et les ficelles du tempérament de chacun, et du tandem, apparaissent : l’actualité met sous ses feux un trait de caractère, qualité et revers, exagéré d’un réflexe de défense, d’une blessure d’un désarroi. « Déjà vu » fulgurant, recoloré pop art : la même chose et une différence criante. Une pause s’impose ; mon désir infiltre ; mon goût à protéger insiste ; le pli à faire couple demeure : la connivence s’installe.

La connivence ne relève pas du sentiment mais d’un penchant ; un état d’âme qui n’existe pas vraiment non plus, comme le fond de l’air : une figure littéraire pour circonscrire ce pressenti sans consistance, une parabole pour un lâcher-prise émotionnel. Je ferme à demi les yeux sur l’enjeu et ses coulisses, tenants et aboutissants font partie de l’histoire : lumière brutale et circonscrite, scène durassienne. Tout ouïe j’écoute les assonances des méandres du passé ; je les laisse à leur place, les prends en compte sans m’en encombrer, pour mieux entendre. Un échange silencieux dans un immédiat dense et inconséquent ; l’instant est du couple, de son mystère : lourde légèreté diluée dans une atmosphère de brume, un compromis sourd advient pêlemêle entre nous. Pas de tolérance superbe mais une connivence devant l’infortune de la roue qui tourne.

Face au froissement, un silence cassant a suspendu la conversation ; un cessez-le-feu avant même sa propagation. Le temps de l’expérience est arrivé ; la vie à deux poursuit son cours. Rien n’est acquis et pourtant…!!!