L’auteur Isaiah Berlin (R&N EDITIONS), britannique et américain d’origine russe, philosophe et historien, du siècle passé est influencé par son compatriote Alexandre Herzen : en France, il est considéré libéraliste dans le centre de l’hémicycle. Son livre (200 pages résumées d’une étude plus ample), sans pédantisme ni académisme, nous présente combien le mouvement romantique a profondément influencé (et continue de le faire) la pensée de nos cultures occidentales.

Une cause historique, les Illuministes : leur vertu suprême est la connaissance. L’être humain a réponse à toute question, ou la question est mal établie ; toutes les réponses sont connaissables ; toutes les réponses seront compatibles entre elles, pour être vraies et décrire un univers idéal. Pas d’unanimité : Montesquieu conteste l’universalité de l’Église, Hume la logique de l’existence des choses, Diderot croit en un homme ambivalent, Rousseau ne croit qu’en la nature etc.
Après l’éclatement du Saint Empire Romain Germanique et la Guerre de Trente Ans, les centaines de principautés de la très provinciale Allemagne actuelle, pieuse et humiliée, rêvent d’une revanche contre les exagérations du rationalisme brutal prussien et suffisant français. Illustration de cette vague, Johann Hamann obscur ami de Kant, philosophe à son opposé, est le prophète du romantisme ; contre les scientifiques disséqueurs, l’amour et l’art, entre vitalisme mistique et historique : il influence entre autres Goethe, Schiller et Hegel. Sturm und Drang débordent comme l’illuminisme les frontières…
Si le débat occidental sur la connaissance continue depuis Socrates, avec la religion et la science, il est attaqué par le romantisme et la volonté indomptable de l’être humain, qui lui crée finalités et objectifs, sa propre vision (non objective !) de l’univers. Comme dans la création artistique, l’action libére, invente son propre univers, sans modèle, libre infini d’une vie en perpétuelle rénovation, ouvert à l’optimisme ou au pessimisme inépuisable.
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