Tuyau !

La gente féminine a la responsabilité physiologique de la gestation. Les cultures dans leur très grande majorité extrapolent cette responsabilité, au domicile, aux enfants etc. Sujet d’actualité ! Comme beaucoup d’êtres raisonnablement masculins, je ne suis pas certain que mes réflexes soient toujours dénués de ce machisme endémique et enraciné.

Pour une meilleure division des responsabilités, la prévention d’une grossesse indésirée peut être assumée par le sexe masculin. Une expérience personnelle : la vasectomie, peu citée, probable conséquence d’un arbitraire masculin persistant.

Je suis préoccupé de ma santé, et j’avais jusqu’alors échappé à tout type de chirurgie (hormis celles de mon dentiste) ; quand, en 2000, divorcé pour la seconde fois et père de 4 adolescents, j’avançais libre vers de nouveaux ébats amoureux, sur la pointe des pieds et préoccupé des enjeux. Au cours d’une discussion de salon, un homme, chirurgien esthétique de mon âge, divorcé et remarié confessa alors que, dans la même situation, il avait pratiqué sa première « ligature des canaux déférents » sur sa propre personne. « L’opération est d’une simplicité enfantine » raconta-t-il : sans qualification préalable après une anesthésie locale et avec la seule aide de son assistante, il s’auto-vasectomisa. Si la position ne fut pas très confortable, il fut tellement satisfait de son travail, qu’il ajouta cette spécialité à son menu. « Zéro risque, succès garanti » conclut-il et pendant cinq à dix ans la possibilité d’inverser, de reconnecter les tuyaux avec un pourcentage très important de retour à la normale.

Devant l’assurance de ce nouvel ami et avec la bénédiction de mon médecin traitant, j’ai subi cette chirurgie ambulatoire au vil prix d’une semaine d’abstinence. Après ce jeûne je n’ai pas vu de différence dans mon (in)expertise du jeu, si ce n’est le gain non négligeable d’absence de préoccupation quant aux conséquences. Aucune partenaire ne se plaint de cette situation confessée en préambule à tout et n’importe quoi… Rien (aucune étude) ne contre-indique la vasectomie, sous aucun aspect, ni n’enregistre de bénéfice à moyen ou long terme.