« L’éco terrorisme »

Commence à faire le buzz. La bonne presse exagère outrageusement pour atteindre les esprits pantouflards de sa sauce gribiche à prix fort. On imagine le retour des Brigades rouges, repeintes de vert, on nous sert un camouflet à la symbolique du capital.

Je ne rangerai l’activité subversive ni dans les tartes à la crème, ni dans les drames actuels de l’Iran, l’Ukraine et tant d’autres … Sorry !

Presse et porte-paroles asservis s’emparent du devant de la scène : ils caractérisent de crime les actes de provocation contre l’art consacré, conservé dans des musées auxquels des milliards d’êtres humains n’auront jamais accès, et dont la planète paye le prix fort. Sommet de l’absurde ! La bonne société se mobilise pour la défense de l’objet consacré, symbole de notre société de consommation et détourne notre attention de notre avenir et de celui de milliards d’individus démunis. Le crachat à la face de « la jeune fille à la perle » de Vermeer mobilise les bien-pensants que les drames humains ne touchent plus. Bourdieu l’expliquait déjà dans les années 60.

Aucune vie humaine n’a été menacée ; les actes sensationnalistes montrent même une sorte de respect pour l’art : actes prémédités, les activistes prennent soin d’utiliser dans leurs procédés des moyens spectaculaires qui ne portent pas définitivement préjudice aux œuvres… Les défenseurs de la planète visent juste, atteignent un symbole consacré de notre société libérale et gagnent une visibilité que les cris d’orfraie des conservateurs amplifient.

Les musées les mieux réfléchissants l’ont compris et se posent la question de comment conjuguer conservation du passé et préservation du futur.

Quant au Cavalier de Charles Ray, sali en place publique j’en ris ! Comme François 1er au Louvre, le cavalier de François Pinault s’est installé à l’entrée de son musée. L’artiste doit son succès sur le marché à l’engouement du sponsor ; le capitaliste international investit ostensiblement dans l’Art Contemporain, en oublie presque la défense de l’environnement. Son image préfère la rentabilité du marché de l’Art à celle de la préservation de l’environnement.