
Google et Wiki racontent les précédents grecs « Fêtes Dionysiaques », et romains « Lupercales » : on fête l’an neuf d’un retour au chaos original. Les célébrations évoluent, l’occidental carnaval survit dans chaque pays, différent….
Au-delà de la carte postale du défilé de Rio de Janeiro et de la plus grande fête populaire de la planète, le Brésil multi ethnique et métisse fait du Carnaval sa célébration majeure.
Il est synonyme de liberté, pas le concept républicain héritier de la Révolution, mais la version bon enfant, libertaire : on « monte un cirque » dans chaque cité pour un désordre passager. En dehors des grands défilés de Rio et de Sao Paulo (Tourisme et marketing !), les « Blocos » (Blocs) qui regroupent de quelques dizaines à plusieurs milliers de « Folioes » (oufs) sont, du village à la capitale d’état, le Carnaval des brésiliens, : joyeux défilés de toute la société à la débandade, bricolés. Bricolage jaune et vert « dar um jeito » (arranger provisoirement), coutume nécessaire : la bidouille décriée est le recours, adaptation à l’inattendue, à l’inextricable de la vie faisant fi des règles, parfois des lois.
Le carnaval célèbre toutes les minorités ; l’embonpoint est fêté, l’ambiguïté souhaitée, le mauvais goût exalté, l’exagération de mise, la folie humaine s’affiche … La vie est trop diverse pour être encadrée ; tolérance et non-violence sont à l’honneur. Ironie et humour président : le maire remet symboliquement les clés de la cité au « Roi Momo », et la figure rigolarde reste dans l’air toute l’année.
La subversion persiste au quotidien par le sourire dans les difficultés, devant l’absurde de la vie : choisir au jour le jour de ne pas laisser l’adversité avoir prise. Le réflexe libre du sourire « je ne vais pas pleurer, la situation pourrait être pire ! », ritournelle cent fois répétée à force de maxime. Le sens de la fête n’attend pas le mardi gras !
Bonne humeur sceptique, énergie vitale, face à une société tous les ans plus incertaine.
Je me sens un touriste au Carnaval après plus de trente ans au Brésil, mais au quotidien la liberté, la démerde, la tolérance et l’humour m’y attachent.