Mâle blanc,

Français de classe moyenne-supérieure et de culture judéo-chrétienne, dite race dominante,  je m’incline devant l’originalité d’individus aux racines qui nous apportent une vision nouvelle.

L’exposition temporaire « Indigenous Histories » est une surprise, un choc. Mon ethnocentrisme l’explique. Par juxtaposition et équivalence, le musée des Arts Premiers m’avait sensibilisé à la force de cet art authentique, expression culturelle libérée des contraintes de notre société, avant d’être récupéré par le marché. J’ai retrouvé dans la dernière salle du MASP (Museu de Arte de Sao Paulo) consacrée à l’art aborigène son sens originel : attaché à un lieu de célébration spirituelle, la force créatrice ancestrale convoque pour le refonder, le temps du rêve. Le clan ethnique donne naissance à de nouveaux rituels, chants, danses, mimes, peintures sujets à disparaître l’événement conclue. Avec le désir de conservation et de diffusion, adaptation à notre société, impose la dimension individuelle des œuvres.

Ce sont des compléments aux arts revendicateurs du droit à la parole, à la différence, contre la violence structurelle ségrégationniste etc. légitimement argumentées des mouvements les plus divers. Ces dernières reprennent les formes du marché de l’art de notre société libérale pour mieux se faire entendre, et les mélangent à de nouveaux codes inspirés d’autres cultures, d’autres narratives.

L’art contemporain a souvent endossé le parti-pris du politique et notre société mercantile a besoin de ces voix qui s’élèvent contre son cynisme et son veau d’or. Les poètes dérisoires, hallucinés et autres « démoulés chaud » poursuivent l’idée de l’instant-poésie, cette fulgurance qui fait que la vie vaut encore la peine d’être vécue !

L’Exemple historique est Johann Sebastian Bach. Maître incontesté de l‘équilibre entre harmonie et contre-point dans tous les genres existants au XVIII ème, à la croisée des traditions allemandes, françaises et italiennes, qui s’est consacré à la musique baroque, et à sa poésie. L‘homme n’a pas cherché la reconnaissance de ses pairs ni celle des puissants de son époque : elle a surgi malgré lui au XIX ème siècle.