
Brésilien Daniel Munduruku est né Munduruku le 28/02/1964. Les Mundurukus sont un peuple d’une trentaine de villages et de 12 000 individus entre le sud-ouest de l’état du Para et l’est de celui de L’Amazone ; leur langue est le Tupi. Daniel est écrivain, professeur (Maitre en anthropologie sociale, docteur en éducation, et pos-docteur en linguistique) et activiste politique. Il a reçu plusieurs prix, entre-autre celui de l’Unesco pour sa promotion de la paix et de la non-violence ; il compte plus de 60 livres publiés.
Si Davi Kopenawa est un chaman Yanomami, qui avec l’aide de son ami et anthropologue Bruce Albert, nous offre un voyage dans ses pensées et ses mésaventures face à notre civilisation, Daniel utilise la tradition écrite de notre société pour servir la tradition orale de la culture des siens. Une forme d’utiliser les armes de l’adversaire culturel pour montrer que la société brésilienne est diversité, et rappeler que les peuples indigènes sont les premiers à composer l’âme brésilienne.
Il puise dans ses années d’enfance heureuse au village où la bonne humeur prédomine : on lui enseigne à être un enfant au milieu d’une nature abondante, à écouter les histoires des êtres humains mais aussi celles des autres êtres : ses sens et son imagination sont éduqués avant de prendre la parole. La deuxième étape l’entraine à l’école des blancs où on le forme : insidieusement on conduit « l’indien », terme européen dans lequel il ne se reconnaît pas et qui le violente physiquement, vers un renoncement à son identité d’indigène, mise aux normes occidentales. Il renverse la souffrance et découvre qu’être Munduruku est une aubaine.
Son parcours universitaire lui fait découvrir qu’il veut être professeur, professer sa foi dans les êtres humains : pour ne pas ennuyer ses jeunes élèves, le conteur d’histoires cherche dans sa mémoire ce qu’est être « un Indien » et à répondre à toutes les questions sur la vie indigène. Mais il ne sait répondre à « où trouver les livres pour lire ces histoires ?» Après avoir vérifié l’inexistence d’écrits, en réplique à la provocation de l’univers, il prend la plume.