Le front entre l’Ukraine et la Russie se congèle et le printemps ne changera pas grand-chose ; les armées sont enterrées. L’attaque qui ferait la différence est hors de portée : coûts matériels et humains excessifs, arme atomique inenvisageable, sinon dans la rhétorique. Restent l’usure et l’imprédictible. La violence en Israël révolte par son inhumanité affichée et médiatisée. La réponse de Bibi n’est qu’une escalade dans l’horreur : la cruauté n’a pas de camp. Les têtes du Hamas sont loin et sauront gagner de nouveaux soldats suicidaires pour venger la mort de milliers de palestiniens.
L’extension des deux conflits ne semble pas être à l’ordre du jour : les guerres impérialistes du XXIème siècle sont restées circonscrites. La suprématie du « business » tempère la solidarité déclarée : les conflits armés servent les intérêts des fabricants d’armes mais sont nuisibles pour les Affaires. Les majeurs rivaux, la Chine et les USA en tête, multiplient les contacts, sous prétexte de calmer la vindicte, pour garantir la stabilité des marchés : écarter les chances d’escalade par un jeu d’alliances intéressées, et pour coûte que coûte reprendre les négociations de l’affrontement commerciale.
Libéralisme et dictature démocratiques rivalisent sur le dos de 95% de l’humanité. Les guerres armées nous nouent les tripes, et nous aveuglent : l’absurde désastre social, croissance en nombre de milliards d’êtres humains sous le seuil de la pauvreté, de quelques milliers d’ultras riches, et l’urgence de l’environnement chamboulé, sont les vrais problèmes. Les deux guerres militaires monopolisent l’actualité et les médias, polluent notre discernement. Le drame, à la veille du tragique, est la fin des ressources et le réchauffement planétaire, leurs conséquences pour la vie en commençant par les plus démunis ; le grand capital et ses alliés prospèrent sur le dos d’une humanité en souffrance.
Je crois à des négociations longues et à un compromis douloureux des deux conflits, au remplacement de l’hégémonie américano-européenne par la suprématie du libéral consumérisme mondial, et sa morale machiavélique.
