
Cher ami,
Ailton Krenak, a transcrit et édité en 2019 deux conférences données au Portugal dans un livre « Idées pour repousser la fin du monde ».
Le titre provocation annonce une vision différente de celle ethnocentriste occidentale où « l’humanité » est un modèle suffisamment intelligent et complet pour coloniser la planète, appréhender et dominer l’univers. La question posée est « Sommes-nous une humanité » ? Ses Institutions sont-elles capables de prendre les décisions nécessaires à la défense de la vie sur la planète, ou sont-elles les fruits d’un système en faillite qui nous empêche de penser autrement ? Quel type d’humanité sommes-nous qui ne sait inclure les fleuves, les montagnes, les forêts… Nous sommes « le peuple de la marchandise » dit le peuple Yanomami.
L’être humain loin de ses racines est pris dans un tourbillon sociétal qui l’anesthésie ou le rend fou. Pendant que le tourisme transforme les montagnes sacrées, qui parlent aux populations indigènes, en parcs et parkings, en marchandises et services, en centres de profit, nous perdons la relation avec la terre, organisme vivant qui nous enlace ; nous devenons des zombies sans nous en rendre compte. Les seuls accros qui nécessitent du contact avec Gaya sont les marginaux, les oubliés de l’occident, les sous-humanités indigènes, aborigènes…
« L’idée que nous, humains, nous nous séparions de la terre pour vivre dans une abstraction civilisatrice, est absurde. »
« Chanter, danser et vivre l’expérience magique de suspendre le ciel est commun à de nombreuses traditions »
« Quand nous disons que notre rivière est sacrée, ou que la montagne nous dit qu’il va pleuvoir les personnes disent : ça fait partie de leur folklore »
« Pour les peuples (d’Asie, d’Afrique, d’Amérique ndlr) qui ont reçu cette visite (celle des colonisateurs ndlr) et sont morts, la fin du monde a été le XVIème siècle. »
« Puisque la nature est cambriolée d’une manière tant indéfendable, soyons, pour le moins, capables sans les mettre sur le marché, de maintenir nos subjectivités, nos visions, nos poétiques sur l’existence. Définitivement nous ne sommes pas égaux… »