24/10/25

Cher Ami,

Le parallèle entre la montée du fascisme, devenu nazisme, en Allemagne dans les années 30 et la prise de pouvoir de D. Trump se resserre. La France suit.

Indice d’apparence mineure, les mots façonnent notre réalité : ils ont un impact mental, en bien et en mal, dont nous ignorons la fin. Un exemple : dans notre démocratie défenseure de valeurs humanistes, on nomme les êtres humains obligés à l’immigration de « travailleurs immigrés, réfugiés, clandestins ». Le mot utilisé par les droites radicales est « migrants ». Nuance !? Migrant est l’adjectif utilisé pour une migration biologique, Leucocytes migrants, en usage pour le règne animal : dépréciatif. Sournoisement avec migrants, les personnes qui sentent la nécessité d’immigrer sont rangées dans une catégorie déshumanisée, diluant le sentiment de fraternité. Le déboulonnage du respect de l’individu est en cours et la systématique de l’usage du « migrant », adjectif générique substantivé, n’est pas un hasard.

Plus encore, le « migrant » devient la cause des problèmes économiques, malgré les études scientifiques qui y voient une solution. Le chaland acheteur d’explication bon marché à ses problèmes y trouve son compte ; il embarque dans la ségrégation pure et simple. On assiste à l’inversion d’une évidence historique : « les victimes sont nos bourreaux », rengaine connue aidant au développement d’une forme de paranoïa, et de la xénophobie. La liturgie de la presse des droites et leurs réseaux sociaux forts de leur liberté d’expression amplifient le travail de sape.

On affirme alors que la volonté du peuple prévaut à l’état de droit ; la véhémence truculente du populisme élève sa voix contre les minorités désormais sans droit, et le sort des migrants est établi. Par la parole se crée une réalité binaire et brutale : « eux contre nous » point de vue unique des conspirateurs d’un régime totalitaire nationaliste, gommant toute vérité historique ou scientifique.

Le cirque du Guide Charlatan et ses quelques formules coup de poing faciles sont en route : clou du spectacle, le menteur croit à ses mensonges.

(À suivre…)

#fascisme #humanisme #populisme #democratie