Le Pouvoir est excessif

Les excès du fonctionnement de la société, du poids de ses institutions démocratiques, de son droit à la parole, de son devoir de statuer sont insupportables. Chaque individu dans sa folie, dans sa part de morbide, dans sa propension à la revanche est insupportable. La justice vient parfois y palier.

Tout type de pouvoir est excessif ; il n’y a d’équilibre que dans un contre-pouvoir équivalent. Le pouvoir de la parole est excessif, et l’intolérance a sa place dans l’énoncé de l’insupportable de la violence, de la ségrégation sous toutes ses formes, du manque d’humanité du non-respect de la vie en général : l’excès dans la dénonciation est à supporter, pour être dénoncée à son tour.

L’excès de l’A/autre nous excède, nous insupporte.

La violence verbale est aussi à combattre, mais le sens de la mesure, le bon goût, la politesse, le politiquement correcte, le respect de l’autorité et de la personne qui la représente ne peuvent être réglementés stricto sensu. La démocratie impose un débat, une confrontation sur la place publique où les humains – peu raisonnables – s’excèdent.

La loi (Et quelque prétendu savoir !) ne saurait encadrer la vie.

Les clowns Donald et Bozo du grand Cirque Tautol(ogie) et Popul(isme) ne cesseront d’exister ni ne se tairont ; ils font partie de la vie de la cité.         

Si Charlie Hebdo n’est plus ma tasse de café – Je tiens dès Hara-Kiri au respect du droit à dire tout haut ce qui peut traverser l’esprit un moment !-,  je confesse boire à son insolence : elle me fait sourire de mes propres convictions et me laisse hilare à dénoncer les pouvoirs mesquins et glorieux.

Les 150 intellectuels, Noam Chomsky, Gloria Steinem, Ian Buruma, Mark Lilla, Margaret Atwood e Martin Amis, auteurs John Banville, Jeffrey Eugenides, J. K. Rowling e Salman Rushdie, essayistes (Paul Berman, Anne Applebaum, David Brooks, Francis Fukuyama, Malcolm Gladwell, Atul Gawande, Enrique Krauze, Arlie Russell Hochschild, Michael Ignatieff, Greil Marcus, Fareed Zakaria, George Packer e Andrew Salomon, musicien Wynton Marsalis, ex-champion d’échec Garry Kasparov… ne se sont pas trompés à dénoncer la tolérance zéro dans la « Lettre ouverte sur la Justice et le Débat Ouvert » dans la revue du 07/07 du Harper’s : ils accusent une nouvelle morale politiquement correcte de se livrer à une chasse persécutrice contre les non-alignés.

Je suis Michel de Montaigne quand il dit, de sa tour-bibliothèque : « Si haut que l’on soit placé, on n’est jamais assis que sur son cul !». J’écoute Nina Simone :

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