Un pied dans le vide.

Curieux je jette un coup d’œil aux excavations fondatrices de ma maison. Une vingtaine de cavités d’un mètre de diamètre et plusieurs de profondeur. Je suis attiré par la plus profonde ; je n’en vois pas le fond : un trou sans fond. Sous le soleil de midi, la lumière du cellulaire est trop courte, simple halo à l’orifice ; des chants d’oiseaux dans un silence effervescent de chaleur tournoyante me bercent : un trou débordé n’est pas un trou, mais un vide, un total vide, un infini sans préhension, la Vie. La Vie est asymptotique aux courbes de la connaissance ; mesurée, théorisée, ponctuée, sa Vacuité se confirme.

Pour échapper au vertige du vide existentiel, face à cette vacance totale et aux lumières des concepts , j’oppose mes possibles : une boussole, activité à loisir ; un peu de chaleur humaine, amour, amitiés, fils ; des projets, une maison… Niches, semblants nécessaires pour suivre, je marche fort de mes béquilles : les sens aux aguets carpo diem, vie pulsante.

Assis, pieds ballants, les bords sont de bon augure, le trou a un fond ; l’art fugace, la musique d’un homme, le ballet d’une femme, les reflets de lumière d’un lieu !

Alessandra Ferri😍

Publiée par Só Bailarinos sur Mercredi 12 août 2020