
L’enracinement subjectif au Brésil advient erratique et érogène : mon hyper activité se dissout dans une inobjectivité moite ; une torpeur invasive endort mes velléités, assourdit mes grincements, arrondit mes excès. Une sensation de limbes originels me borde, me choie, m’irrite. Ici les engagements s’égarent dans les contingences, les règles s’essoufflent, les tendances sont versatiles et le temps se distend : je me concentre. Une immatérielle réalité résistante à la vision apollinienne me disperse, me domine, je me condense. La vie s’élucide, pour procéder elle requiert un désir profond, trapu ; j’écris.
Sa sensualité polymorphe infiltre le rhizome de ma nature, mal dionysiaque ; dans la cour du candomblé je deviens fils de Exu, Saint Antoine dans le syncrétisme brésilien.
J’ai une relation paradoxale avec Paris : de retour, ravi je renoue avec l’ambiance familiale, les amis, mes habitudes. Les jours passent, une sorte de réquisition m’interdit le laisser-aller, la flânerie. Je revêts le costume du parisien inquiet, multiplie les impératifs, m’agite ; une exigence m’oblige, m’envoûte. J’arrive dans mon sixième avec un plaisir insaturé, je m’en vais libéré d’un encombrement oppressant.