Violence (1)

Oeuvre murale Gernica de Pablo Picasso
CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9469068

Les positions extrêmes et les étiquettes cataloguent les violences individuelles dans un même sac fourre-tout. Le viril (sans pendant féminin) sujet est poussé à une attitude violente, héritée de milliers d’années de la prééminence de la force physique. Ce vieil ascendant est battu en brèche, le « muelieril* » croît plus adapté à notre époque disjointe. Lent et irréversible, le renversement  déclenche de vieux réflexes rétrogrades ; le mâle blanc use de violence pour sauver sa position dominante : la tolérance à cet égard, inscrite dans la culture et l’histoire, est à combattre comme les abus conséquents. Les hommes sont égaux et une société éclairée ne peut que tendre à la justice, à l’égalitarisme.

La violence sexuelle relève d’un réel d’une intimité plus difficile à cerner.

Premier aspect : l’évènement social, l’attentat. Un exemple, en 1976 une jeune femme mondaine, de 32 ans a été assassinée par son amant : les juges l’ont absous, elle l’avait trahi. Quand la plus haute cour d’un pays cautionne un tel crime, cela en dit long. La révolte suit légitime, les exemples récents sont nombreux. La « Justice », par nature dans la main des dominants, par définition aveugle et sourde, penche du côté des mieux armés. L’écho des médias est souvent marqué par la même influence.

De l’acte violent en lui-même, « Affaire Dutroux » à « Histoire de famille », le récit a besoin d’être contextualisé : l’histoire du sujet abusé, celle du violent, celle des familles etc. La trame est complexe, les conséquences dramatiques. La nécessaire dénonciation n’a de sens que millimétrique : le résumé court à la simplification monstrueuse, à l’assimilation inepte. L’annonce médiatique fonctionne tel une pelletée de merde dans un ventilateur.

La blessure résultante qui succède à la violence, registre qui touche le corps, l’affectif et l’intellect, est mixture personnelle : le traitement un cheminement particulier de difficile appréhension. Seul avec lui-même le sujet, doté de ressources singulières, recherche aléatoirement de l’aide, élabore, transforme le traumatisme, accompagné parfois, à son mode. La solidarité est nécessaire, la réserve aussi, pour ni gêner ni rentrer dans le jeu d’une jouissance complexe. Ce que l’individu en fera est imprévisible, du meilleur au pire.

*À partir de la racine latine correspondante au « vir » l’homme, « mulier » la femme (Alain Rey).