Pap Ndiaye,

Fresque réalisée à Dakar pour Tout en rose par Zeinixx.

La nomination du ministre de l’Education interpelle. L’indignation de l’extrême droite fait penser que le président a fait un choix éclairant : il fait hurler les loups sortis de leur tanière… Racisme sans voile !

Le choix de Pap Ndiaye est politique ? C’est le propre de l’homme au sommet de l’état de trouver un compromis pour asseoir son autorité sur une majorité composite : cette décision me rapproche d’elle. Notre président a le talent d’éluder certaines questions et de nous présenter une soupe amère sous son meilleur jour, avec le sang-froid souriant du prestidigitateur. Néanmoins la nomination du nouveau ministre de l’Éducation montre une ouverture. Si E. M.  est sorti des rangs de la vieille gauche socialiste où il a fait plus qu’un stage, je suis en désaccord avec lui chaque fois qu’il affiche une posture paternaliste, réactionnaire et ses propos anti-républicains sont incompatibles avec sa fonction.

De nombreux Français, lassés de promesses qui ne se transforment pas en une claire évolution, ne sont pas convaincus. Cependant la composition du nouveau gouvernement, montre une volonté de changement : une femme premier ministre, deuxième cas dans l’histoire de la France ; un gouvernement où la parité homme-femme est quasiment atteinte, une première ; un gouvernement aux membres « poil à gratter » pour questionner le fonctionnement de la Vème république ; une équipe inclusive où la pluralité des origines est couronnée par la nomination Pap Ndiaye Sénégalais par son père. Après Léopold Senghor au siècle dernier, une forme claire de saluer un peuple longtemps colonisé.

Ces nominations, politiques mais aussi symboliques, attendent la confirmation de leur justesse. Les compétences de la nouvelle équipe seront évaluées à l’aune des résultats ; leur profil est en cohérence avec ce que le candidat à la réélection présidentielle a prôné. Pap Ndiaye a un C.V. qui irrite les pourfendeurs de « wokisme » et « islamogauchiste » ? Peu importe l’étiquette, c’est au pied du mur qu’on voit le maçon ; pour ma part je souhaite un vrai succès à notre nouveau ministre de l’éducation à l’entrée en scène remarquée : « Merde » à lui !    

Mon âme-sœur, la lune.

Je ne me souviens pas de notre première rencontre… Toujours bienveillante, elle échange sans mot dire, sibylline. Elle me quitte sans crier gare et revient sans se faire prier, réapparait à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, joue à cache-cache, jamais ne m’abandonne. La coquine se voile, pose à contre-jour, dérobe son orbe qu’elle ne révèle dans sa plénitude que rarement : j’en rêve !

On dit que la Lune est fille de la terre : entre nous quelques millions d’années, mais une aura de grande sœur, un air de famille. On dit aussi que la terre lui doit la Vie : notre intimité la revêt d’élans maternels.

Son frère doré m’éblouit, m’aveugle : sa générosité brillante m’offusque. Mais quand le blond solaire la croise, il n’en prend pas ombrage, superbe il s’incline, et lui fait une couronne brillante.

Elle n’a pas d’heure pour se lever ni se coucher ; nos rencontres sont des surprises, au coin d’un bois, dans un écrin de nuage, en équilibre sur l’arrête d’un mont, dans le souffle creux d’un val.  Je la préfère gibbeuse, blême instigatrice à la courbure sensuelle. Sous le tropique du capricorne, où j’aime à la cueillir dans sa grandiosité naissante, la belle friponne me nargue, souriante.   

J’ai zyeuté l’astre argenté sous toutes les latitudes pour mieux appréhender ses reliefs… Dans la tradition védique la lune est Soma ou Chandra puissance masculine, roi du monde. Dans la culture chinoise le symbole de la famille réunie. Animiste, à mi-chemin de l’univers islamique, je me rapproche du prophète inspiré : il fait un miracle et montre un sillon au centre du globe argenté. Il suffit d’un acte de foi auquel je me range : je crois à la légende de la lune fendue de Mahomet, une fois n’est pas coutume. Halte là, sans la foi vous ne la verrez pas.

Les poètes ont voyagé sur sa face cachée, dotée d’une chevelure volant en trainée : je préfère l’idée d’une toison plus courte, en cache sexe. 

Ses lunaisons accusent un défaut majeur, constant : elle se range dans la catégorie « Sélène va avec tout le monde ». Possessif, sans la perdre de vue je préfère l‘inspiration d’une autre…     

 

Attentif

Lonely Wolf


L’âge et le privilège de l’oisiveté, limitent mes élans passionnés à de vieux réflexes ou à de fugitifs excès…Un scepticisme souriant accompagne nouvelles idées et théories porteuses de progrès : un œil dans le rétroviseur du temps relativise les meilleurs et expose leur chancelante victoire sur les mauvaises.

Distant du général, je diminue le risque de dévaler à suivre la pente d’une cavée montante : je grimpe entre chien et loup avec « noiraude » ma chienne métisse, fidèle benjamine à l’attention haletante. Mon regard la suit…

Le détachement de l’idéalisme religieux et l’extase de la jouissance sublime m’échappent. Le contexte aux artifices multiples et mouvants, la pensée complexe et la nécessaire déconstruction pour un progrès inédit me déroutent.

Un spectre éclot : l’homme politique jette son ombre, Arlequin et Pierrot Lunaire. La préoccupation latente liée aux tensions internationales s’impose à mon esprit : désordre précipité d’images et d’informations, pensée explosée… Quelle alternative à la démocratie très peu sociale emprunte de libéralisme ? Pis-aller inéluctable !? L’Union Européenne échange la foire d’empoigne pour la guerre ! Femmes et hommes politiques emblèmes de notre époque : qui suivre, quel dénominateur commun ? Quel avenir ? Manipuler et/ou manipulateur ? Rassembleur impliqué à tous les étages de l’édifice de la société, quelle éthique pour cet individu au sommet de l’état ?  Tenu à une vision à la noble distance, et à la pratique d’un incessant compromis qui corrompt… Incontournable !? Le doute et le paradoxe sont inévitables, la certitude et la vérité impossibles. Sans trouver un fil à tirer de l’écheveau, ma pensée se dilue au passage blanc irisé d’un nuage, lunaire.

Si un mieux-être passe par un voyage sur soi, « Vingt mille lieues sous les mers » de l’infini particulier, se couper du monde serait une vie d’autruche.  Au Brésil, si les élections doivent consacrer le retour d’un Lula blanchi, le risque d’un coup d’état de Bolsonaro (avec le consentement de 30% de le population, d’une partie des militaires et de l’Assemblée Nationale) n’est pas à écarter.