
La nomination du ministre de l’Education interpelle. L’indignation de l’extrême droite fait penser que le président a fait un choix éclairant : il fait hurler les loups sortis de leur tanière… Racisme sans voile !
Le choix de Pap Ndiaye est politique ? C’est le propre de l’homme au sommet de l’état de trouver un compromis pour asseoir son autorité sur une majorité composite : cette décision me rapproche d’elle. Notre président a le talent d’éluder certaines questions et de nous présenter une soupe amère sous son meilleur jour, avec le sang-froid souriant du prestidigitateur. Néanmoins la nomination du nouveau ministre de l’Éducation montre une ouverture. Si E. M. est sorti des rangs de la vieille gauche socialiste où il a fait plus qu’un stage, je suis en désaccord avec lui chaque fois qu’il affiche une posture paternaliste, réactionnaire et ses propos anti-républicains sont incompatibles avec sa fonction.
De nombreux Français, lassés de promesses qui ne se transforment pas en une claire évolution, ne sont pas convaincus. Cependant la composition du nouveau gouvernement, montre une volonté de changement : une femme premier ministre, deuxième cas dans l’histoire de la France ; un gouvernement où la parité homme-femme est quasiment atteinte, une première ; un gouvernement aux membres « poil à gratter » pour questionner le fonctionnement de la Vème république ; une équipe inclusive où la pluralité des origines est couronnée par la nomination Pap Ndiaye Sénégalais par son père. Après Léopold Senghor au siècle dernier, une forme claire de saluer un peuple longtemps colonisé.
Ces nominations, politiques mais aussi symboliques, attendent la confirmation de leur justesse. Les compétences de la nouvelle équipe seront évaluées à l’aune des résultats ; leur profil est en cohérence avec ce que le candidat à la réélection présidentielle a prôné. Pap Ndiaye a un C.V. qui irrite les pourfendeurs de « wokisme » et « islamogauchiste » ? Peu importe l’étiquette, c’est au pied du mur qu’on voit le maçon ; pour ma part je souhaite un vrai succès à notre nouveau ministre de l’éducation à l’entrée en scène remarquée : « Merde » à lui !