Brésil!(1)

Enfant, je collectionne les drapeaux : collage de vignettes probablement d’une marque de chocolat ou de lessive. Celui que je préfère, pour ses couleurs tropicales, a un losange couché, un trou enrubanné ; un rêve, un fantasme.

Je réside à l’étranger, passe des vacances en Europe, en Afrique du Nord…  

Dans les années 70, la copine Carioca d’un ami, me fait connaître le « Discophage » derrière le Panthéon : un club de musique brésilienne. Quelques musiciens et des enceintes acoustiques sur une courte estrade font entendre l’actualité de la Musica Popular Brasileira (les Variétés !). Des diapositives des plages de Salvador et Rio de Janeiro au hasard des murs, on danse sur les bandes son, et les artistes sont fêtés avec une ferveur verbale sans limite – On donne de la voix : chant, paroles, onomatopées, cris, rires et pleurs mélangés !-, doublée d’une pantomime rythmée, joyeuse, sensuelle ! Sans comprendre un mot de l’enthousiasme des brésiliens expatriés, l’inorganisation et les caïpirinhas calibrées ont raison de mon rationalisme cartésien : la joie de vivre et la décontraction sont incomparables.

La société pour laquelle je travaille, ouvre une filiale de ce côté-là de l’équateur :  je postule, et suis élu.