*Qui désigne aussi bien le mâle que la femelle d’une espèce.
Le héros d’un manga passe d’un sexe à l’autre : nouvel espace de liberté illustrée pour les enfants lecteurs. L’enfant épicène, façonnable s’impressionne des stimuli de tout ordre, sans filtre. Depuis au moins un demi-siècle on questionne les règles, les lois ; on repousse les frontières, les contraintes d’un autre, père autoritaire ou mère nature.

« Petite fille » est passé le deux décembre deux mille vingt sur Arte ; le documentaire sensible, aux qualités techniques incontestables, est pavé de bonnes intentions. L’énoncé est d’abord de Sébastien Lifshitz, heureux de la découverte d’un particulier inusuel, futur archétype : le réalisateur interviewé dit de Sasha né garçon « c’est une évidence qu’elle est une petite fille » ; ensuite celui de la mère, empêtrée dans sa maternité, qui conduit, dans un effort de clairvoyance, les propos de sa fille ; mais aussi celui de la logique scientifique du médecin présent à l’écran. Enfin en son nom, celui des commentateurs de tous bords qui se livrent à des analyses savantes. Sasha elle, s’exprime accompagnée, par la mère aimée… Les émotions paradoxales de l’enfant, de la famille, que révéleraient une écoute professionnelle sont éludées…!!!???
Les séquences d’images rendues public, parlent pour Sasha, la marquent : étiquetée par la mère bienveillante gardienne – « C’est écrit que ce serait comme ça… » ; « Je sais que ce sera le combat de ma vie ! » ; « Sasha elle est là pour faire changer les mentalités ! … Peut-être. » – par sa famille, par le corps médical, par les cercles concentriques de la société, grâce aux médias. La diffusion du documentaire estampe le très jeune sujet au futur incertain, prend le risque du stigmate.
Rien n’est écrit pour Sasha. Le documentaire n’est pas le bon support pour la défense de cette cause : quel avenir pour l’enfant épicène. L’abstraction d’un film d’auteur, eut été respectueux de Sasha (7/8 ans). Clarté n’est pas transparence : la vie intime d’un enfant requiert protection. Notre société voyeuriste est inconsciente, indécente, obscène.
**https://youtu.be/J-6M-FHcrqE