Homme fiction (2)

Récemment WhatsApp and C° n’a plus existé, pour quelques heures ; à l’occasion, une réunion de famille (re)prit un mode ancien, impromptu, libre de la contrainte d’exister virtuellement : rencontre dotée de l’intensité de la présence réelle, coin du feu, sans bruyante interférence impérative, vague nostalgique évanescente…

La nouvelle vague nous persuade de l’urgence de la vie ailleurs, sur les « réseaux sociaux » : de Meta en Youtube, en passant par Twitter, Linkedin, Instagram, Pinterest, TikTok, Clubhouse, Twitch, WhatsApp etc. Tout est là et si on n’y est pas, on n’existe tout simplement pas.

Le langage, les arts et la lecture, la télévision le siècle dernier nous ont préparé aux mondes artificiels. Le Covid 19 – Tremblement de terre planétaire à l’intensité mal mesurée, sans date pour se conclure et dont la numération pourrait bien se poursuivre ! – a accéléré l’ascension du virtuel. Néo-naturalité, les entreprises embauchent, travaillent, licencient sans que les individus ne se rencontrent physiquement ; l’automation remplace l’opérateur humain ; les algorithmes anticipent nos désirs et guident nos choix ; nos achats sont livrés presque sans contact ; la domotique nous garantit le confort domestique ; le direct à l’écran substitue la présence de l’être cher ; après l’animal domestique robotisé, le compagnon idéal, corvéable à plaisir… Quant à l’univers du divertissement il a devancé le mouvement. Les êtres humains dans une proportion croissante glissent dans le monde virtuel, évolution peut-être nécessaire et refuge non sans risque : un défi pour l’humanité plus difficile que de jouer avec le feu.

L’humain, à la prépondérance évidente à l’échelle de la planète au point d’en bouleverser l’équilibre, est lancé en accéléré sur la voie de la fiction. L’individu urbain trouvera un nouvel équilibre entre la fiction dominante et la réalité de la Vie qui se rappelle à lui violemment. L’être parlant est d’abord un corps doté de cinq sens, voire plus, sensuel et affectif. Le tout fiction est une Fiction, absurde ! Ou les génération futures seront des avatars…