Expérience.

L’évolution de notre société néolibérale augmente les confrontations violentes. L’intellectuellement satisfaisant rejoindra un jour un nouveau « Consensus » réaliste, pour prendre en compte la crise du climat et l’augmentation des inégalités, réfutant l’alternative fascisante. La recherche de solutions immédiates et locales à l’escalade passe par trois points clés : le refus du choix de la violence, la recherche du détonateur de la crise, la mise en place d’une interface crédible pour les antagonistes.

Rio de Janeiro, une unité commerciale, destinée à la classe moyenne supérieure, voisine une communauté marginalisée ; au passage en caisse, de jeunes adolescents montrent un revolver sous leur tee-shirt et sortent sans payer. Leur condition et l’environnement rendent impossible toute intervention… Les responsables, tenus par la nécessité de contourner l’impasse, élaborent une alternative. La communauté voisine respecte consensuellement une autorité religieuse syncrétique : par son intermédiaire, il est proposé la livraison régulière de denrées alimentaires, pour répondre aux carences immédiates de nombreuses familles. La responsabilité du comportement des ados revient à la communauté.

En région parisienne, une municipalité abrite deux clientèles distinctes : une aisée et une autre majoritairement issue de l’immigration, vivant dans des HLM : les jeunes des citées souvent désœuvrés provoquent les agents de sécurité, jusqu’à ce que des coups de feu soient échangés dans la galerie marchande. Avec le changement de direction, l’équipe de sécurité est substituée par une nouvelle dirigée par un ancien champion de boxe anglaise Kabyle. Les nouveaux agents sont des sportifs immigrés d’origine ; ils vont à la rencontre des jeunes sur leur territoire pour leur enseigner les arts martiaux. Un espace de confrontation, puis de compréhension et de respect est créé : tout le monde se connait. L’escalade est stoppée, une cohabitation non-violente revient.

Réponses limitées, solutions ponctuelles, palliatifs contre la violence endémique, dans l’attente de véritables solutions…

Entre amis,


Une fin de semaine : une visite à un musée d’art contemporain et d’une ville « historique », une journée au jardin, quelques repas arrosés, des discussions qui se perdent dans leurs méandres. Le retour de l’ami renouvelle l’habituel.

La présence physique de l’autre renoue l’échange : à l’oralité et au regard attentif de l’écran, s’associent l’épiderme et l’odorat ; la proximité intègre les 5 sens et les 4 dimensions qui renouent les files de la complexe humanité.

S’asseoir autour d’une table, partager une promenade se revêtent d’habits de fête ; l’averse de fin d’après-midi sèche au feu du dialogue ; les heures au grain dure se transfigurent en petits fruits juteux qui enivrent, font perdre la notion du temps, tendent à l’éternité.

Les corps laissent échapper l’émotion, interagissent ; la phalange d’un doigt se décrispe, un pied se balance, les bras s’agitent, le corps se détend, la respiration s’altère, le regard s’embrume. La subtilité essentielle de l’instant induit l’intimité, génère un rêve de relation, un privilège.

Le plaisir d’échanger à la vue d’un détail ou d’une œuvre d’art sollicite des énergies souterraines qui n’osaient affleurer ; une confiante proximité circule, une syntonie fine s’installe, un manque de pudeur embarque les intimes dans des associations d’idées, des révélations une autre heure incongrues. Le courant passe avec l’air partagé sans barrière, frémissement et humour ; la moquerie souriante, qui révèle le travers, la faiblesse, est une marque d’affection, d’amitié.

Je suis féministe.

Né l’ainé d’une fratrie, des petits-enfants et des arrière-petits-enfants, trois générations de femme se sont penchées enthousiastes sur mon berceau : elles m’ont transmis un goût de vivre viscéral. Les hommes chefs de famille, ingénieurs, ont pourvu aux finances et au cadre morale. En 68 sans conscience politique, la vague subversive m’a soulevé contre les « Patriarcalismes » ; l’idéalisation du féminin, intégré « tout petit », et les hormones récentes m’ont submergé.

Au 20ème siècle la gent féminine a dénoncé, chacune à sa manière, la farce et les abus du patriarcat installé : des voix féministes se sont fait entendre notoirement, perforant le discours dominant ; a minima paroles et sous-entendus aigre-doux exfiltraient les mailles du système masculin.

On ne peut refuser en bloc les mouvements féministes d’aujourd’hui sous prétexte de violences langagières, insultantes et extrémistes. Les progrès de l’histoire de l’humanité ne se font pas dans la douceur, malheureusement. La Révolution française et ses excès mortifères en sont un exemple déplorable. Il est souhaitable d’être raisonnable, le passé ne le montre pas.

Il faut être aveugle et sourd pour n’avoir pas parmi ses proches un exemple d’histoire sordide et/ou monstrueuse.

Prenons le dernier exemple en date, soigneusement escamoté : Gérard Depardieu, le monstre du cinéma français. Toutes n’ont pas les moyens de renverser la table. La séduction oblige à un rapport d’égalité, réciprocité, sinon c’est chantage et soumission.

Les femmes sont plus conscientes que les hommes, par ce qu’elles génèrent la vie : elles savent dans leur fibre ce qu’est la passion de la vie ! Savent aussi le cumuler avec le succès professionnel, peut-être mieux que les hommes. Les féministes ont toujours existé, aujourd’hui elles sont vues et entendues de tous : elles dérangent traditionel/les et conformistes bien-pensant/es. Progrès subversif d’un siècle, imparfait.

Le système néolibéral édifié et maintenu grâce au masculin de notre humanité, nous a conduit à une impasse, où l’argent est préféré à la vie.