Rita Lee (12/47 – 05/23)

Une mère italienne Romilda Padula, un père nord-américain Charles Fenley Jones, Rita Lee Jones est née à Sao Paulo. Élève au lycée franco-brésilien Pasteur, elle apprend avec le portugais et le français, l’espagnol, après l’italien et l’anglais.

Dès 63 elle fait partie de groupes amateurs. Ses références sont Elvis Presley, les Beatles et les Rolling Stones… Cauby Peixoto, Joao Gilberto, Carmen Miranda… En 66 avec « Os mutantes », elle chante et joue d’instruments variés, devient une référence.

En 73, rejetée par les autres « Mutantes », elle poursuit Folk-Rock, « Rita Lee & Tutti Frutti ». Avec Raul Seixas, Paulo Coelho, et le musicien Roberto de Carvalho son second mari, son style « Rock Brésilien » s’impose : ironie et érotisme suggéré, subversion et féminisme, ce qui lui vaut maille à partir avec la dictature militaire (64/85).

En 79, sous l’influence de Roberto elle évolue vers le Disco e la Pop : nombreux shows, télévision et disques Super Pop. Sa célébrité dépasse le Brésil ; le futur Charles III du Royaume Uni la déclare sa chanteuse favorite.

En 91 Rita Lee, professionnellement, se sépare de Roberto C. pour revenir au Rock’n’roll ; le partenariat sur scène reprend en 95. Rita enregistre avec Kassia Eller, Caetano Veloso, Milton Nascimento, Zelia Duncan … presse un CD de relecture des Beatles, mélange Bossa Nova et Forro, parcourt les Amérique.

A partir de 2012 elle ralentit. Sa célébrité est telle qu’en 2014 elle assiste au Musical « Rita Lee habite à côté », du livre biographique homonyme. Elle se retire en 2021.

Tiré de son autobiographie : « Morte, je peux imaginer les gentilles paroles de ceux qui me détestent, quelques radios diffuseront mes musiques sans frais. Des fans, ceux-là sincères, se saisiront de mes disques et entonneront « Ovelha Negra » (Brebis Noire), les télés doivent déjà avoir dans la manche un résumé de ma trajectoire. Sur les réseaux, quelques-uns diront : « Mais je pensais que la vieille était déjà morte rsrsrs ».

Chanteuse irrévérente et populaire, proche au point d’avoir un air de famille, référence de 60 ans de vie culturelle, Rita Lee nous a tiré sa révérence.    

Deuil impossible.

Camille et Jean, étudiants, se rencontrent à l’occasion d’évènements politiques. Elle se destine à la psychologie, lui au journalisme ; leur style de vie et leur vision de la société les rapprochent, les corps se séduisent, un lien enthousiaste les retient. Un couple se forme, soudé par la conquête de l’autonomie, et les victoires du début de vie. Le consentement mutuel est fêté en bonne et due forme : inoubliable ! Le couple s’installe, sûr de lui, pour affronter les incertitudes des lendemains ; deux enfants apparaissent pour parfaire le cycle et charger à ras le bord le sac à dos partagé.

La guérilla du quotidien essouffle ; les succès sont courts, les revers amers : le futur déçoit. Une routine sinueuse tire le sel des rares nouveautés. La souplesse de l’un devient versatilité, la solidité de l’autre rigidité : la tolérance s’émousse, l’incompréhension s’immisce. Le repli sur soi transforme le dialogue en rixe verbale. La traversée est sans fin, les oasis se tarissent, le charme s’évapore. La dissension s’installe ; la séparation apparaît incontournable, consensuelle.

Chacun est persuadé que la part de l’autre dans l’échec est majeure ; la vie est longue, pour ne pas tenter sa chance, une autre fois. Échaudé, la recherche est maladroite ; la rencontre appréhensive, les contingences encombrantes, l’intimité difficile. Une dissonance persiste, les ombres dominent, la confiance est impossible.

Un enfant se marie, la présence des parents est requise. Autour du jeune adulte qui malgré le précédent croit au couple, Camille et Jean se cachent de s’émouvoir. Le vin de fête aidant ils se repassent le film de leurs souvenirs : chacun dans sa version, redonne le lustre que les ressentiments avaient étouffés. Ils s’embrassent amicalement à l’heure de se quitter.  Elle lui envoie un message sympathique, il lui répond sensible…

La retraite en vue, prudents ils retissent les liens de leur histoire ; les aléas de la vie et les aspérités de caractère cèdent devant l’urgence du temps qui passe : la tolérance et la compréhension se relaient à la reconstruction du couple.  

Identitarisme.

La revendication d’un peuple à une identité est un concept controverse ; il obligerait les sociétés dominantes à sortir de leur ethnocentrisme, mais retourné par les mouvements nationalistes, il génère un droit à la ségrégation.

Les conservateurs qui se disent menacés, revendiquent la même reconnaissance identitaire que celle de nombreuses minorités méprisées. En quoi la revendication identitaire du peuple Yanomami, des Quilombolas …est-elle plus recevable que le nationalisme des yankees ou des franchouillards ? La réponse une évidence : les Yanomamis, les Quilombolas … sont susceptibles d’être éradiqués de la planète dans les prochaines années, au profit d’intérêts particuliers, alors que leur civilisation a su préserver la planète et n’est pas un risque pour les Autres. Le cas des nations dominantes et de leurs ultras conservateurs ne supporte pas la comparaison.

La différence n’est subtile que pour ceux pour qui l’assimilation grossière des deux démarches cache une volonté d’affrontement à l’issue en faveur des plus forts ; se laisser manipuler requiert une intelligence obtuse.

Le futur de l’humanité appartient à un métissage déjà en cours depuis des millénaires ; il fait partie de l’évolution. Le Brésil est en avance dans ce domaine, sans que le processus ne soit ni complet ni sans défaillances. Métissage et acculturation passent par la reconnaissance d’un autre à la fois égal et différent, susceptibles de sommer ses caractéristiques : le respect d’une part d’humanité méconnue que certains ignorent.

Ouverture et tolérance sont nécessaires pour éviter suprémacisme et ostracisme, expériences dont nous connaissons les coûts absurdes. Les nationalistes qui se réclament d’identitarisme, se travestissent, pour faire valoir leur désir de domination absolutiste.

Empires et invasions n’ont survécu ; le repli sur soi est régression. La non-acceptation des différences augmente la violence des affrontements, un jour dépassé par une tolérance vitale, comme la guerre finit par un accord de paix.  

Mon identité ne souffre pas de la confrontation avec un autre étranger, mais s’enrichit d’un grain d’universalité.