WOKE ²

La moitié du Brésil fête la victoire, la plus serrée (2% d’écart) de son histoire démocratique, du candidat démocrate Luis Inacio da Silva contre le candidat d’extrême-droite Jair Messias Bolsonaro, premier président au pouvoir à ne pas être réélu.

Le discours de Bozo contre Lula a été celui des Républicains de Trump ; attaque langue de bois de la droite fasciste qui répond à la gauche démocratique que son discours de tolérance est un totalitarisme. L’électeur aliéné a alors le choix entre 2 totalitarismes : conservateur/fasciste ou démocrate/tolérant. Démonter cette rhétorique mystificatrice n’est ni facile ni vaine. Pour la campagne de Bozo, la narrative sectaire se compose de rhétorique haineuse et de solutions simplistes, absurdes contre-vérités de facile appréhension, et s’associe à des promesses ultralibérales pour un capitalisme conservateur à la vision courte.

Le Messie de l’extrême droite voulait installer un régime fasciste comme Putin, Orban, Hitler et Mussolini, entre autres… La recette est la même : communication mensongère surabondante, violente et discriminative contre ses adversaires, véhiculée par les réseaux sociaux sans contrôle ; le concours de la majorité des congressistes conquis par ses largesses budgétaires, qui lui aurait aussi assuré leur appui pour augmenter le nombre de ministre de la Cour Supérieure Fédérale qu’il eût contrôlé en nommant les nouveaux membres. Comptant avec la neutralité de l’armée, qui ne voulait pas d’un coup d’état militaire, Bozo Président à la tête de l’exécutif, aurait contrôlé le législatif et le judiciaire, et sa réélection aurait couronné un coup d’état estampillé « démocratique ».

Bozo a éliminé le dialogue républicain, et entrainé la société brésilienne dans une radicalisation, déchirant son tissu social : familles, amis, voisins… Fracture évidente dans les états du sud majoritairement bolsonaristes. Les états lulistes ont retrouvé une joie de vivre qui ne faisait plus partie de leur quotidien, à cause de la violence et de la haine de 4 ans d’intox fasciste. Victoire, courte, de la tolérance contre le fanatisme, de la joie de vivre contre la jouissance mortifère.  

https://youtu.be/3gaJbwpljxU

30 Octobre 2022

Dimanche dernier le Brésil a entériné la défaite du président d’extrême droite Bolsonaro, malgré ses tentatives frustrées de manipulation ; Trump est son modèle, Putin et Orban ses alliés. Les institutions ont fonctionné et l’ex-président Lula a été élu (51% des votes), la démocratie s’en est trouvée confirmer. Avant que Lula n’assume le 01/01/2023, Bozo va contester le résultat ; les conditions d’un coup d’état ne semblent pas réunies. Si les forces armées sont particulièrement discrètes, des supporters de Bozo, chauffeurs de camion, bloquent les routes : ultime tentative de semer le désordre ?! L’élection de Lula n’a pas été reconnu par son adversaire, créant une instabilité sur les marchés financiers, les gouverneurs d’état, ex-Bozo-alignés, l’ont déjà fait : l’histoire n’est pas écrite.  

Lula a la responsabilité de remettre sur les rails un pays divisé, précarisé, dans un cadre international instable : économie fragilisée par l’inflation, guerre en Ukraine, crise aux USA, Europe problématique, régime chinois autoritaire à la prépondérance croissante. Lula n’ignore pas que la population conservatrice (50%) est intolérante aux nouvelles mœurs, à l’avortement etc. Pour s’allier la droite non-bolsonariste le progressiste Lula est déjà à l’œuvre ; son vice-président est l’ex rival de la droite modérée Alckmin. La réputation de Lula  (85% d’approbation à la fin du second mandat) aidera à trouver une composition économique : injection d’argent pour lutter contre la précarité et la faim, et mesures libérales pour attirer investisseurs nationaux et internationaux. Son programme est méconnu, mais sa volonté affichée de s’entourer des meilleures compétences pour chaque ministère (dont l’économie) rassure. Exemple caractéristique, à l’annonce de l’élection de Lula, la Norvège a spontanément informé le retour d’une subvention (Suspendue) de 2 milliards d’Euro pour aider l’Amazonie.

L’image populiste de gauche de Lula devrait rapidement créer un climat social favorable, et sa « Realpolitik » tropical donner une nouvelle aura et une dynamique durable au Brésil. Merde à lui !   

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Adopté !

Pendant les travaux de ma maison, le terrain clos sans portail est envahi par des chiens errants. Les ouvriers les alimentent des vestiges de leur repas.

La meute de « vira-lata », vire-poubelles, se réduit. Un seul individu persiste : une jeune chienne, au pelage noire défaillant. Ses pattes, trop hautes pour un basset et trop courtes pour un ratier, parcourent le jardin ; tête basse, oreilles couchées, la queue entre les jambes elle chasse le lézard. Personne ne l’approche : elle mange les restes abandonnés au sol.  Les couvreurs sourient : « Paul, vous allez adopter Pretinha ?»

Les vire-poubelles la poursuivent à ses premières chaleurs. Un vétérinaire attentif aux sans-colliers, la castre après la fête. Elle se réfugie dans la baraque de chantier. La chienne poids plume repousse ses ex-compagnons de caniveau hors les clôtures. Les maçons rient : « Paul, vous allez adopter Pretinha ! »  

A l’étape des finitions, la fréquence de mes venues augmente : la petite métisse m’accueille menaçante et me suit en jappant. Peintres et menuisiers ironisent : « Paul, vous allez adopter Pretinha »

Fin de chantier. Le jardinier, dernier intervenant, retourne chez lui au village pour déjeuner. J’assume l’alimentation : deux gamelles, l’eau et la ration. La  proprio à quatre pattes aboie par principe, me suit à distance. L’horticulteur amusé : « Paul, quand adoptez-vous Pretinha ? »

Installation du portail. Pretinha endosse son rôle de gardienne : elle ronde l’enclos et donne de la voix au moindre étranger. Au fond du garage ouvert, j’installe son gite : une palette, un morceau de moquette, un petit matelas, une vieille couverture. Pretinha prend ses quartiers : son œil noir me suit, elle est prête à détaler.

Six mois sont passés. L’animal sauvage répond à mon appel, vient la tête dans les épaules accepter le harnais. Le vétérinaire bienveillant nous reçoit : « Bonjour Pretinha » ! Bien informé, me suis-je dit. Au cours de nos balades nous avons l’habitude d’être salués « Alors Pretinha comment ça va ? ». j’ai conclue : «Pretinha Maluqinha (Noireaude Fofole), dont je porte les initiales, m’a adopté.