Récit.

Le langage chez l’homo sapiens, dans une évolution lente entre 300 et 100 mille ans, apparaît en Afrique du sud-ouest. Avec un larynx en position basse, il commence à articuler, phonèmes et mots. Une légende raconte que les mères hominidés dépourvues de pelage, dans l’impossibilité de voir leur progéniture s’accrocher, inventent un protolangage pour garder le contact, rassurer. L’instinct maternel œuvre, le fredonnement devient cantilène. Le futur de l’homme était déjà la femme, il y a des centaines de milliers d’années.

La première cantilène maternelle, accompagnée de gestuelle, donne au langage une dimension symbolique. Le développement d’une structure cognitive grammaticale devient la base d’une nouvelle relation sociale. Le vocable-concept, l’écriture / lecture viennent sophistiquer l’ensemble. Rien d’inné, un long apprentissage.

La vie humaine s’organise depuis quelques milliers d’années autour de récits ; ils ont un lien flou avec la vérité historique – impossibilité d’une transmission intégrale -, mais impriment une narrative dans nos mémoires et cultures.

L’humanité croit aux récits, surtout écrits : ils sont synonymes de connaissance, digne de foi. Les traditions, religions, philosophie, psychologie, anthropologie etc dont la multiplicité et l’évolution montrent l’inexactitude, sont autant d’exemples … Les auteurs originaux souvent sont mesurés, mais ils voient leur vulgarisation se charger d’asséner leurs conclusions comme des vérités. Aux antipodes la narrative de la recherche scientifique la plus théorique acceptée par la communauté internationale, celle sur la relativité et la physique quantique confesse être dans une impasse : l’impossibilité de conjuguer ces deux théories incontestées pour saisir la réalité de l’univers. 

La démarche la plus sophistiquée des mathématiciens accepte l’incongruité d’un paradoxe insoluble, quand le reste de l’humanité avance aux larges pas de confrontations meurtrières sur la base de récits dont la probabilité d’inexactitude est quasi absolue.  

Entre absurde et non-sens.

Trois sens à « conscience ».

Le premier : état physiologique des êtres vivants du règne animal synonyme d’éveil, de lucidité.   

Le deuxième : la dimension morale. La conscience nous partage : lutte interne entre super-ego, ou normes intégrées de la socio-culture (Religieuses !), et les pulsions polymorphes de la vie, perverses. Pour chaque individu s’entre-ouvre la porte à une recherche éclectique entre plaisirs et frustrations ; on y ajoute la jouissance de la culpabilité et des punitions, celle de la dialectique interne de contournement et relativisation, et aussi celle la soumission/subversion aux lois liquides de la vie, l’immense miroir de la nature : écologie niveau zéro.

Le troisième est celui de la conscience, connaissance de son environnement, et de soi-même ; sentiment archétype de la vie émotionnelle humaine comme l’amour, la liberté, la peur, la joie, l’espoir etc. La conscience de soi a une place particulière : l’intuition autiste de sa propre existence. Le sujet perplexe est séduit par l’infini perspective de deux miroirs en vis à vis : je sens donc je suis, et vice versa… Le ressenti émotionnel auto-qualificatif est la preuve primaire de sa propre existence. Avant « Je pense donc je suis », le genre humain, doté de langage, élève d’un degré la réflexion : élaboration verbale, intellectuelle, de la conscience de soi, exégèse du ressenti. La poétique mystificatrice y trouve la preuve de l’existence d’une âme humaine, d’essence divine : pure acte de foi. Avec cet axiome l’homme invente une finalité à la vie et s’extrait par le haut de la nature. Doté d’un statut incomparable dans l’infini de l’univers, il y règne : absurde !

Le multiculturalisme asiatique, bouddhisme, taoïsme, hindouisme, confucianisme etc., pas plus récent ni moins élaboré que notre islamo-judéo-christianisme, approche différemment la nature : l’univers est au centre de l’étude de la vie. Force dominante, elle est le principe de la recherche du bien-être de l’être humain. Pour s’en rapprocher, la méditation et une sorte de quiétisme naturelle sont des exercices de prise de conscience du non-sens de la vie. Why not !

#conscience

#humanité

XXIème siècle.

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L’expérience, la connaissance d’un être humain est intrinsèquement limitée, et sa perception du monde tient de la fiction : la savoir relatif à la totalité de quelque objet et de son contexte lui est impossible. A l’antipode, la problématique de la vie, de l’homme sur la planète est d’une extrême complexité et son appréhension irréductible. Une solution issue d’une entente entre les puissants représentants politiques et les potentats privés du capital libéral est d’une improbabilité gigantesque : ils sont à peine capables de parer au plus pressé d’un système à bout de souffle.

 « De la terre à la lune » de J. Verne comme « Le meilleur des mondes » d’A. Huxley ne sont que des ébauches fictionnelles d’une réalité déjà irréfutable. La circulation des grandes villes est gérée par des ordinateurs ; la gestion de la planète (Information, santé, sécurité, technologie, êtres humains…) par cooptation successive, délégation obligée de pouvoir est/sera confiée à un réseau d’intelligence artificielle surdimensionnée : inévitable. Intelligence artificielle, technologie de l’information et bio technologie sont des moyens qui dépassent déjà tous les arsenaux militaires de la planète. Les guerres armées sont perdues, les nouvelles hégémonies utilisent d’autres ressources, occupent d’autres domaines.

La fiction a infiltré notre vie, nous sommes (préparés à être) manipulés par de nouvelles fictions de haute volée. Une relative conscience nous maintient encore éveillé. Demain une nécessaire adaptation consciente à un nouvel environnement fictionnel sera la clé individuelle d’une forme de vie « humaine », sans alternative.

Les sentiments de révolte, de peur et de souffrance persisteront, la joie, la liberté et l’amour, peut-être aussi : problème très personnel, comment résister à la manipulation des extraordinaires outils que l’homme a créés, qui assujettissent, divisent l’individu entre infini technologique et infini particulier, au sein de républiques démocratiques ou autoritaires, qui n’ont d’autres solutions que BIG DATA pour appréhender et contrôler la survie générale ?