
Mescon , RE:Union – A story of cancer in the family
Un bienfait n’est pas sans effets pervers. Les progrès de la médecine confèrent à leurs représentants un ascendant impérieux sur leurs congénères devenus objets de leur Science. Certains Docteurs emprunts d’un savoir-faire avec la vie, traitent la maladie en suivant les impératifs de la cure, en oublient l’être humain, son environnement et le respect de sa volonté.
Cruel !
Le sujet dans son unicité doit choisir les conditions de son futur, plus encore dans son ultime tour de piste. Le devoir du médecin est d’être à l’écoute de sa quête, à minima en deux temps : le moment du refus définitif de la lutte à tout prix pour survivre, accompagné d’un soulagement ; puis l’angoisse devant le saut attendu dans le vide de l’éternité, celui du repos définitif. Sans l’impossible pleine connaissance, cette décision est l’ultime geste d’amour de soi, de la vie : liberté et dignité humaine.
Autre aspect affligeant, celui des êtres chers à qui on refuse la possibilité de démontrer leur affection au proche au moment de l’Adieu : dernier bienfait humain que la main posée sur le bras, la caresse sur le visage, le baiser sur le front, la parole heureuse, la présence… Le corps du malade sent la vibration amie, le souffle de la vie l’anime, nostalgique… Or le règlement et le protocole élèvent parfois un vulgaire interdit, ou une grossière limitation d’horaire. Sans savoir l’heure du pas vers la glaciale éternité, le parent, l’ami, dans sa définitive singularité a soif de donner la chaleur de sa fragile proximité. L’ultime élan vers l’animal foudroyé par la vie, a son sens – avec sa part d’égoïsme -, quelqu’en soit la précarité. Une évidence humaine où la science peut ne pas trouver sa place.
La dignité humaine et la reconnaissance du libre choix des individus sont les limites du serment d’Hippocrate : l’assistance désirée au dernier souffle de vie n’est pas la mort provoquée, mais protection de l’intégrité et de la dignité de l’homme, in fine.
Les professionnels et le système de santé dont l’objectif est le mieux vivre de l’être humain ne peuvent refuser, dans l’extrême douleur, cette simple fraternité.