13/02/26

Cher Ami,

Point de vue. The Washington Post : « Le journal a licencié un tiers de son personnel, …une purge généralisée a porté un coup brutal au journalisme et à l’une de ses marques les plus légendaires, a rapporté l’Associated Press »

Classement des journaux made in USA : N°1, le Wal Street Journal (2,4 millions d’exemplaires) est la référence de la finance, marqué à droite ; N°2, USA Today (1,8 million d’ex.) est le sensationnaliste dit « MacPaper » des quotidiens ; N°3, « The New York Times » (1,2 million d’ex.) marqué démocrate et anti-Trump, propriété de la famille Ochs-Sulzberger. N°4, Los Angeles Times (800 mille ex.) et N°5 The Washington Post (700 mille ex.) sont passés sous le contrôle de deux capitalistes (Patrick Soon-Shiong et Jeff Bezos d’Amazon) et se sont alignés récemment sur le mouvement MAGA. Suivis au ranking par le people new-yorkais Daily News (700 mille ex.), au capital instable, et le conservateur historique New York Post (300 mille ex.). L’événement sus-énoncé montre la difficulté de la presse à être indépendante quand son patron a d’autres intérêts financiers, surtout en cas de tempête illibéraliste.

Classement des quotidiens hexagonaux : N°1, le régional Ouest-France (600 mille ex.) est la propriété d’une association aux mains de la famille Hutin, libérale humaniste ; N°2,  Le Monde (500 mille ex.) dont le capital a obtenu son indépendance éditoriale située au centre gauche; N° 3, Le Figaro, aux 200 printemps, né à gauche, (380 mille ex.) conservateur enraciné est détenu par le groupe Dassault ; N° 4, L’Equipe, très français quotidien du sport (225 mille ex.) est la propriété d’un groupe familial. N° 5, régional de la capitale, Le Parisien (190 mille ex.) et N° 6, Les échos (140 mille ex.), quotidien de l’économie et des finances, sont tous deux la propriété du Groupe LVMH. En ligne, avec les mêmes titres, les nouveaux venus sont, de la radio France Info, de la Télévision BFM TV, et un nouvel indépendant d’investigation Mediapart : un paysage ouvert où le grand capital est apparu récemment en force.

Les deux situations ne sont pas strictement comparables, mais des similitudes apparaissent.

#presseindependante

01/08/25

Cher Ami,

La noirceur du ciel s’efface, l’aube s’annonce. Froissé d’une nuit désordonnée, j’ouvre grand portes et fenêtres au réveil de la nature.

Le crépuscule du point du jour et de son terme allient clarté et obscurité. L’incandescence vitale du soleil élimine les nuances et les absences, emporte le passé et l’occulte. Le romantisme et le surréalisme, à leur époque, avaient marqué le monde du reflet lunaire du règne de l’incertain : le doute infiltrait la vie et la pensée se frayait une voie à l’instinct, entre les infinis du passé, du présent et du futur. Aujourd’hui la conscience de l’esprit et l’inconscient du rêve devraient s’enlacer, étouffer les certitudes.

L’activité des grandes métropoles illuminées, symboles de la société humaine des cent dernières années, se targue de fonctionner 24/24 ; le progrès technique, intéressé, fait oublier les cycles de la planète et de l’univers. Le siècle des lumières et ses successeurs ont érigé le rationnel de la pensée humaine en factotum. La poésie et la psychanalyse entrebaillent la porte de l’infinie étrangeté du particulier : le consumérisme n’est qu’un leure symptomatique de notre mal existentiel. Pris dans la vague enthousiaste du marché, l’être humain croit à la liberté d’acheter, oublie sa liberté d’esprit. 

L’authentique émoi simple se perd. Hier la télévision a pris la main sur le quotidien ; aujourd’hui la présence sur les réseaux sociaux est synonyme d’existence et le divertissement se paye en ligne ; demain l’IA obligera à survivre dans la dépendance de la pensée logique des centres de données : la démocratisation de la connaissance dans tous le domaines imposera ses vérités.

La superbe affichée des leaders de notre planète exhibe leur foi dans les forces de l’argent : la fiction roborative du commerce et des armes écrase 90 % de 8 milliards d’êtres humains, dont 50% vivent sous le seuil de la pauvreté ( 7$ jour).

Apolon et Artémis sont des jumeaux intraitables : l’humanité est en équilibre entre le jour et la nuit, entre demi-vérité et doute fragmenté.

Nostalgie de la vie paradoxale d’une nuit réparatrice.      

#paradoxe #crepuscule @eatihe

27/06/25

Cher Ami,

Les braises sous la cendre de la veille, quelques pommes de pin et leurs aiguilles, et la cheminée de notre cuisine-salle de séjour redémarre cahin-caha.

La mort n’est pas de l’ordre de l’expérience ; le hasard m’a couché dans sa nuit sans fond. Loin de la petite mort de la jouissance extrême, un accident.

Je n’avais pas cinquante ans, la force de l’âge ; je prenais soin de ma santé, privilégiant une activité aérobique ; en fin de semaine, j’aimais nager une heure en mer. Un jour, malgré le drapeau rouge hissé à la vue d’une mer agitée, je conclus que le signal d’alerte vise les baigneurs.

Je plonge, anxieux de me mesurer aux forces de la nature. Le premier quart d’heure est pénible, un effort maximum, sans répit m’est demandé pour le passage de la barre ; je persiste, malgré une fatigue grandissante, j’espère après son franchissement trouver une accalmie, qui n’advient… A la limite de mes capacités musculaires, le souffle court, je me décide à battre en retraite, comptant sur l’aide du courant pour me ramener vers la terre ferme.

Épuisé, je surnage ; la mer m’entraine vers la plage. Exténué je vois les vagues s’écraser sur le sable à une dizaine de mètres, quand le rouleau de la barre me précipite vers un tréfonds violent où je suis terrassé : accablé, je perds le reste de mes moyens, démembré au milieu des tourbillons qui m’assomment, je désiste. Sans espoir, mes sens anéantis au milieu de forces qui me dépassent…Un reste de conscience, entre-aperçoit la fin : obscur tunnel révolté au fond d’une mer irréductible, je meurs étouffé sans souffrir ; j’élabore : « Quelle connerie de perdre la vie ainsi ! », revis une séquence accélérée d’images, ne regrette rien si ce n’est la décision fatale. « Dommage ! »

La mer en décide autrement : rejeté comme un bouchon à sa surface, j’avale une bassine d’air, puis une autre… quelques brassées plus loin, je marche à quatre pattes, reptile fuyant la mer prédatrice, pour atteindre le sommet du talus de la plage.

Effondré sur le dos, exténué, j’ai tremblé longtemps de tout mon être, vidé de sens et de désir : vivant brutalisé — un autre regard vers l’au-delà.