Contrebasse contre SNCF !

Gros plan main jouant une contrebasse.
Contrebasse, elPadawan. https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/

Je n’ai aucune habilité à jouer d’un instrument de musique. Magnétique, la contrebasse eût été mon choix, une alter ego : prise en main le port altier, la sensualité de ses proportions exagérées, le côtoiement de son partenariat, la liberté d’usage, le ton sourd de sa voix caverneuse, m’attirent comme un éternel féminin, maternel. Elle est l’incontournable des formations réduites de jazz : en compagnie de l’élégant Ron Carter elle est synonyme d’excellence et de plaisir.

Sollicité par des pétitions de tous types souvent justes, ces temps-ci pathétiques, je résiste mal au cri d’individu perdu dans la masse de ses confrères et consœurs à peine moins ébranlés. Pour ne pas importuner mes proches, par commodité, j’ai adopté une ligne de conduite : je signe rapidement, je participe rarement financièrement et jamais je ne fais suivre. La semaine dernière j’ai fait une exception ironique : j’ai ventilé sans limite une requête des joueurs de Contrebasse auprès de la SNCF : ils revendiquent le droit de voyager avec leurs instruments dans les trains de tous types. J’ai fait circuler, Mesdames et Messieurs contrebassistes, mon désaccord, pas sur le fond ! Je trouve le moment très mal choisi : quand la France, et la planète entière pleurent la perte évitable d’un proche, quand les conséquences douloureuses de la pandémie atteignent de plein fouet les plus démunis… L’heure est à dénoncer le manque de courage politique de nos dirigeants, passés et présents, leur renoncement aux valeurs humaines fondamentales que sont « L’Égalité et la Solidarité », pour sauvegarder l’immédiate primauté des intérêts de notre société mercantile et matérialiste.

Votre problème de taille n’est pas à l’ordre du jour ! Au nom du respect de la souffrance d’autrui, remettez votre énorme violon dans son étui ! Le choix du moment est ici affaire de décence, de respect humain.     

Témoignage.

Contre-Coup, le témoignage déguisé d’un événement particulièrement violent : Individus bouleversés, signe avant-coureur d’une internationale aux confrontations transgressives et sournoises. Un drame humain, sans ingénuité, face aux pouvoirs économiques et politiques au cynisme sous-jacent.
« … Et puis un jour, il n’y aura rien à écrire, rien à lire, il n’y aura plus que l’intraduisible de la vie de ce mort si jeune, jeune à hurler. »
– La mort d’un jeune aviateur anglais. Marguerite Duras.

Liberté (2)

Quelques discours exemplaires des gouvernants de ce nouveau temps :

  • La dramatisation : « C’est la guerre ! » E. Macron. Je sens la prise en mains autoritaire de tous les moyens de l’état à des fins indéfinis sans délai : dénoncée, entérinée, les résultats ne prouvent rien.
  • Le négationnisme « Ce n’est qu’une grippe ». J. Bolsonaro. Le super homme sous-entend le sacrifice de quelques-uns pour la survie des autres : inhumain, morbide. Les nations ont déjà donné ! Les résultats sont pitoyables.
  • Le maternalisme « Il faut se laver les mains et ne pas faire de stock ». A. Merkel. On banalise pour éviter la panique, on infantilise la population. Rassurante et simpliste face à l’inconnu. Les résultats sont discutables.
  • La transparence « C’est une épidémie sans précédent. » J. Ardern. On annonce la gravité de la situation, compassion retenue : un sourire nerveux pour des mesures draconiennes de contention immédiate.

Le discours est à l’aune du profil des femmes et des hommes au pouvoir : majoritairement politique, ambigu. Les conséquences humaines, sociales, économiques montrent que l’éthique – le discours claire de J. A. et les décisions corrélatives – , est la seule à se sustenter : véritable alternative aux sociétés notoirement centralisées, autoritaires, dont les résultats (!?) – au prix de la liberté !-, s’équivalent à ceux de cette dernière.