Covid-19 / Temps (3)

Le présent urge, hurle. Prudence et réalisme incitent au pessimisme. L’optimisme est de mise pour aller de l’avant : « on est ce qu’on est »*.

Un père et sa fille bébé couchée sur son torse
Père et Fille.

Obligé au grand écart entre un passé qui s’efface et un futur insaisissable, l’homme marche en quête d’une nouvelle réalité au crible du langage de l’ancien monde, ferme comme un clou dans un plat de polenta … La tête comme un bouchon dans les vagues, quelques évidences affligeantes s’affichent :

  • Le confinement impose une nouvelle forme de sociabilité, virtuelle, distante favorisant économiquement le libéralisme majoritaire. 
  • Des individus sont plus riches que des états de millions de personnes ; le nombre des milliardaires se multiplient, et 90% de la population mondiale continue à peine au-dessus du seuil de pauvreté.
  • Des sociétés privées géantes dribblent les lois, négocient en position de force avec les états dont les gouvernements sont plus intéressés par leur survie politique que par les garanties humaines.  
  • La pollution augmente ; les pays riches responsables refusent l’accès aux technologies, récemment décriées, aux pays pauvres et à leurs citoyens à la conquête d’un niveau de vie moins indécent.
  • Les monnaies, consubstantielles de l’activité économique, qui n’ont de valeurs que par un acte de foi généralisé, sont bousculées pas des crypto monnaies qui échappent au contrôle des banques centrales.
  • De nouveaux virus évincés de leur milieu naturel frappent à nos portes, nous menacent d’épidémies en vagues successives.

Le Covid-19, révélateur planétaire d’une crise annoncée, établit l’homo sapiens dans son inconscience et/ou son arrogance ; modificateur substantiel de son environnement (Début de l’anthropocène XVIIIème siècle !) il rêve encore d’un progrès matériel infini…

La course à la consommation ne s’arrêtera pas d’elle-même ; l’avion est sans pilote : bienvenu au XXIème siècle ! Les nouvelles générations héritent de ce pandémonium. 

*Molloy, roman de Samuel Beckett

Le Brésil!?(2)

3 séjours, 30 ans de Brésil ; c’est peu pour en comprendre la diversité, c’est mieux qu’un touriste assidu. Le coup de foudre passé, j’appréhende l’exagération subversive. Au sud de l’équateur, l’européen sied “cul-par-dessus-tête” : renaissance inconvenante.

Les identitaires me contrediront, mais le flâneur planétaire, expatrié volontaire, y trouve une terre de mélange, de contraste et d’intégration, « xénophile ». Ces filles et ses fils, tous différents (Différences souvent insupportables !), ont amendé la culture judéo-chrétienne de traditions animistes indigènes et africaines. Une illustration symbolique : Antonio Vieira, jésuite du XVIIème siècle, compare la culture portugaise à celle des amérindiens : la première une statue de marbre blanc supporte les attaques du temps, la seconde est de myrte un bois facile – dans ma traduction approximative -, « si le jardinier ne s’en préoccupe, en quatre jours sort une branche qui lui traverse les yeux, une autre lui décompose les oreilles, deux sortent des cinq doigts et en font sept, et ce qui avant était un homme, est déjà un désordre vert de myrte ».

Les concepts changent, la réalité inestimable de la vie dépasse les idées, la nature corrompt les symboles…