Cher Ami,

La noirceur du ciel s’efface, l’aube s’annonce. Froissé d’une nuit désordonnée, j’ouvre grand portes et fenêtres au réveil de la nature.
Le crépuscule du point du jour et de son terme allient clarté et obscurité. L’incandescence vitale du soleil élimine les nuances et les absences, emporte le passé et l’occulte. Le romantisme et le surréalisme, à leur époque, avaient marqué le monde du reflet lunaire du règne de l’incertain : le doute infiltrait la vie et la pensée se frayait une voie à l’instinct, entre les infinis du passé, du présent et du futur. Aujourd’hui la conscience de l’esprit et l’inconscient du rêve devraient s’enlacer, étouffer les certitudes.
L’activité des grandes métropoles illuminées, symboles de la société humaine des cent dernières années, se targue de fonctionner 24/24 ; le progrès technique, intéressé, fait oublier les cycles de la planète et de l’univers. Le siècle des lumières et ses successeurs ont érigé le rationnel de la pensée humaine en factotum. La poésie et la psychanalyse entrebaillent la porte de l’infinie étrangeté du particulier : le consumérisme n’est qu’un leure symptomatique de notre mal existentiel. Pris dans la vague enthousiaste du marché, l’être humain croit à la liberté d’acheter, oublie sa liberté d’esprit.
L’authentique émoi simple se perd. Hier la télévision a pris la main sur le quotidien ; aujourd’hui la présence sur les réseaux sociaux est synonyme d’existence et le divertissement se paye en ligne ; demain l’IA obligera à survivre dans la dépendance de la pensée logique des centres de données : la démocratisation de la connaissance dans tous le domaines imposera ses vérités.
La superbe affichée des leaders de notre planète exhibe leur foi dans les forces de l’argent : la fiction roborative du commerce et des armes écrase 90 % de 8 milliards d’êtres humains, dont 50% vivent sous le seuil de la pauvreté ( 7$ jour).
Apolon et Artémis sont des jumeaux intraitables : l’humanité est en équilibre entre le jour et la nuit, entre demi-vérité et doute fragmenté.
Nostalgie de la vie paradoxale d’une nuit réparatrice.
#paradoxe #crepuscule @eatihe