30/01/26

Cher Ami,


Confession. Je lève mon verre à moitié plein à un désir volontaire : laisser une trace ; un acte de foi décidé à dépasser l’absurde de l’existence.

Dans le bréviaire des pessimistes, vieillir est se préoccuper d’éviter les pertes. Le temps qui passe les rend inévitables ; je reste avide des découvertes que l’avenir me réserve, et attentif à celles que j’irai chasser.

L’âge venant, j’aime cette indétermination relative, parents et amis sortent de scène. L’événement existe dès l’affleurement de la mémoire : nostalgie sans fin. Sans comptabilité sordide des sortants et des entrants, de nouveaux venus sont toujours possibles, si disponibilité et curiosité sont au rendez-vous ; « parent » et « ami » ont un sens à géométrie variable, à conjuguer avec une tolérante exigence.  

L’optimisme est nécessaire pour croire à mieux dans notre monde complexe et effrayant, mais aussi riche de nouveaux moyens. Un pessimisme fondamental caractérise l’ultraconservateur, le réactionnaire qui, convaincu, veut convaincre que le monde d’hier était meilleur que celui d’aujourd’hui, que les lumières du passé vont nous éclairer. Sans renier les acquis, je crois, avec un enthousiasme mesuré, aux outils actuels pour construire notre futur.

L’image d’Épinal de l’ancien assis avec ses camarades de classe sur le banc de la place du village à regarder passer le temps, est aujourd’hui remplacée par l’isolement dans le sofa du salon à regarder la télé… Je préfère me pencher sur les nouvelles problématiques de notre société, l’évolution des sciences etc. Et sans être aux commandes de rien, je continue à témoigner de ce que je vois et écris ce que j’en pense ; une hirondelle ne fait pas le printemps, mais européen et citoyen du monde, je ne me lasse pas de la tâche que j’ai choisie : résister aux forces rétrogrades et défendre l’humanisme. Vieillir, à mes yeux, serait se désister de croire à un monde meilleur, et de faire l’effort d’y participer : pas pour demain ! Je souhaite m’éteindre la plume à la main, à dénoncer, ce que je crois être, les erreurs et surtout leur répétition. Oxalà !

#optimisme # résistant @ivoszterling

23/01/26

Cher Ami,

Paraphrasant R. Feynman, il est possible que personne ne comprenne vraiment la physique quantique, qui exhibe une réalité incompatible avec notre quotidien.

Le monde se présente à nous avec les codes des sciences dites classiques ; elles nous permettent de survivre grâce à une cohérence accessible. La physique quantique démontre que l’infiniment petit est soumis à une décohérence, au paradoxe, avec de nombreuses preuves scientifiques. Quelques incongruités de la nano-réalité : 1) Le même phénomène peut être envisagé à la fois comme une onde et comme un corpuscule, immatériel et matériel ! 2) La précision d’une mesure est toujours médiocre ; l’observation a une influence sur l’observable. 3) Le nano-univers est aléatoire. 4) Une particule peut se trouver en deux positions simultanément. 5) La simultanéité de deux phénomènes distants sans relation existe, ignorant donc la vitesse de la lumière, sans qu’on puisse utiliser ce phénomène pour transmettre une information…  

Des applications de la physique quantique existent déjà, IRM, IA etc. et des points de rencontre sont apparus entre la nanoscience et la macro-échelle : la biologie a découvert que la photosynthèse, les récepteurs de l’odorat et l’adhérence des pattes de geckos etc. ne trouvent d’explication que grâce à la physique quantique. Notre réalité quotidienne est aussi paradoxale : porte entrouverte à l’ésotérisme et à tous les petits délires particuliers. 

Conclusion personnelle : si on peut y croire, ou pas, ou en partie, je vibre à cette révolution de la connaissance… Le problème du pourquoi de l’existence reste entier : quid de la complexité atteinte par l’être humain, individu unique, qui réalise un agglomérat de milliards d’atomes et de cellules hétérogènes. Si on rajoute une forme de conscience mal localisée, l’absurde est complet. Je continue, quel que soit le biais utilisé, dans le doute ; seul un acte de foi offrirait un refuge à mon malaise existentiel ! La recherche d’un peu de clairvoyance et mon optimisme congénital me font cultiver un scepticisme mâtiné d’épicurisme et d’une courte résistance à la douleur.     

#physiquequantique

16/01/26

 
Cher Ami,

La tonitruante agression impérialiste du 02/01/2026 de l’Uncle Sam encore fumante et les fêtes de fin d’année passées, je retourne à mon isolement, marche accompagnée de rêves et réminiscences.

Les festivités pleines de bons sentiments se révèlent un jeu de société dans lequel chacun tient un rôle : à minima ne pas désenchanter la réunion et rentrer dans le jeu de l’heureux participant. À la première absence, on se fait tirer gentiment l’oreille, « on t’attend » ; si on insiste avec quelque explication banale pour éviter l’offense, celle-ci est qualifiée d’excuse inacceptable par la famille ou les amis. La répétition de la négation assujettit le contrevenant à des qualificatifs grinçants comme « antisociale », ou à des commentaires acides, « Tu vieillis », voire « Pisse-vinaigre ». En cas de récidive, la radicalisation est sournoise sans droit à la défense ni aux circonstances atténuantes ; l’exclusion du cercle pourrait être prononcée par contumace dans le silence des couloirs et les chuchotements des messes basses, momentanément voire définitivement si persistance. La relation individuelle, ou en petit comité, n’est labellisée que par une participation aux fêtes des tribus.

J’ai du mal avec cette intégration obligée ; l’étranger cultive la distance, froide tasse de thé vert. Mais le hasard fait parfois bien les choses : ma mémoire émotionnelle m’interpelle, m’induit à prendre le risque de vivre le privilège d’une découverte, séduction subite. Une affinité sans explication, un élan spontanément correspondu : l’éclat du regard d’un sourire mal retenu signalise d’emblée la rencontre avec un autre proche, qui se serait égaré dans le temps. Les heures passent, les incidents de la vie sociale viennent alimenter une interaction qui aurait pu passer pour un « à priori » favorable, révélant une syntonie baroque, un désalignement équilibré, une fausse symétrie naturelle. Ces prémices de relation amicale jalonnent l’illusion d’un futur joyeux, ravivent couleurs et saveurs, marque d’un nouveau tempo la musique douce-amère du quotidien.

Cette sensation de renouveau réjouit

#iauruoca #amiapremièrevue